La Chambre d’accusation de la Cour d’Alger a confirmé, avant-hier dimanche, les décisions de mise sous mandat de dépôt, le 23 juin, de cinq manifestants arrêtés deux jours auparavant, lors de la manifestation publique du vendredi 21 juin alors qu’ils arboraient le drapeau amazigh. L’appel du collectif de défense pour leur libération sera examiné demain mercredi, une journée qui sera synonyme de mobilisation pour la défense des libertés…

Les charges retenues contre les prévenus sont outrage à corps constitués et atteinte à l’unité nationale. De bonne source, on a appris également que deux manifestants, arrêtés le 5 juillet dernier, lors du 20e vendredi du mouvement populaire pour le changement, pour port de la bannière amazighe ont été placés en détention préventive (mandat de dépôt) par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. Face à la multiplication des arrestations des porteurs de drapeaux berbères, le collectif d’avocats chargé de leur défense se mobilise pour leur libération. «L’affaire des porteurs du drapeau berbère est politique par excellence. Les prévenus ne pourront retrouver la liberté que par la mobilisation et non seulement par les plaidoiries », dit l’un des membres du collectif de défense. Ce dernier explique que les Algériens devraient démontrer aux décideurs que « la politique de la peur engagée est perdante et qu’elle ne peut être source de pouvoir ». Il poursuit :
« Ils sont des millions à exhiber chaque vendredi le drapeau berbère, mais ils n’ont embarqué que des dizaines de personnes pour l’exemple et pour faire peur aux autres marcheurs ». «On devrait venir en force mercredi pour réclamer la liberté des prévenus arrêtés pour un délit fomenté de toute pièce », ajoute le jeune avocat, qui dénonce ainsi une « justice sélective » et rappelle que ce mercredi 10 juillet, un rassemblement de soutien est prévu devant la Cour d’Alger. « La mise sous mandat de dépôt de personnes arborant l’emblème amazigh est illégale du fait que le législateur algérien n’incrimine pas le port du drapeau berbère », poursuit l’avocat. Face à une justice
« dépendante et instrumentalisée », les robes noires plaident pour un «forcing» en parallèle, car le verdict qui tombera « ne sera pas juridique, mais politique », ajoutera-t-il. Pour sa part, le Réseau contre la répression, pour la libération des détenus d’opinion et pour les libertés démocratiques, appelle à manifester massivement devant la Cour de justice d’Alger (Ruisseau) pour exiger la libération des détenus. Le réseau appelle à la libération immédiate des détenus et s’engage à maintenir la pression jusqu’à satisfaction de cette revendication.