Le projet d’appui dans les domaines de l’eau et de l’environnement «WES» (Water and Environment Support), financé par l’Union européenne, vient de lancer en Algérie une intervention ayant pour fin de lutter contre la pollution marine due notamment aux déchets plastiques, a appris l’APS auprès du ministère de l’Environnement. L’intervention porte particulièrement sur les dispositifs de surveillance de l’évolution de la pollution et les mesures à mettre en place en réponse à cette problématique, selon un responsable au ministère, soulignant que qu’une surveillance exhaustive permettra au pays de prendre des décisions avisées et de déterminer les actions à engager en priorité pour résoudre le problème de la pollution marine. Elle vise essentiellement à renforcer la capacité des différents acteurs en Algérie à soutenir la mise en oeuvre des politiques environnementales destinées à éliminer les déchets marins et à protéger les zones littorales. A la faveur de ce projet, des données précises seront produites, sur les quantités, les types, la composition et les sources des déchets présents à la surface de la mer (en zone pélagique) et des déchets reposant sur les fonds marins (en zone benthique). WES est un projet régional conçu pour contribuer à la mise en oeuvre d’une approche intégrée de la réduction et de la prévention de la pollution. Son intervention en Algérie s’inscrit dans le cadre du Plan régional sur la gestion des déchets marins en Méditerranée, adopté par les parties contractantes à la convention de Barcelone. Ainsi, les pays de la Méditerranée sont tenus d’inclure des mesures de lutte contre la pollution marine dans leurs plans d’actions nationaux respectifs. L’Algérie a déjà mis en oeuvre plusieurs mesures pilotes dans ses ports et dans différentes zones pilotes.
En outre, le ministère de l’Environnement a lancé en 2020 le processus de l’actualisation de la Stratégie nationale de la gestion intégrée des zones côtières, élaborée en 2015. «L’actualisation est motivée par l’évolution du contexte national tant sur le plan législatif et institutionnel que sur le plan économique», a-t-on expliqué de même source, tout en soulignant que cette la nouvelle stratégie prévoit des activités prioritaires liées à la problématique de la gestion des déchets marins. «Cette stratégie devrait faire l’objet d’une adoption par le gouvernement en 2021», ajoute le même responsable. Selon le ministère, l’utilisation du plastique à usage unique à l’instar des bouteilles, des pailles, des cotons-tiges et des filtres de cigarette ainsi que des emballages est la cause de 50% de la pollution marine. C’est ce qui ressort d’une étude menée en 2018 visant la caractérisation des déchets marins et côtiers dans neuf wilayas côtières. L’étude a été réalisée par le ministère de l’Environnement, avec l’appui du Plan d’action pour la Méditerranée à travers son programme Med-Pol et l’initiative SWIM-H2020. Le traitement des données a fait ressortir que les matériaux en plastique (y compris le plastique à usage unique) constituent 75 % des déchets, suivis du caoutchouc avec 9 %. Les articles en papier et en métal représentaient, respectivement, 6 % et 5 %, suivi par le bois transformé et le verre/céramique (2 % pour chacun), a-t-on précisé. Tout en rappelant que dans la Méditerranée, sont rejetés chaque année 600.000 tonnes de plastiques représentant l’équivalent de 34.000 bouteilles de plastiques par minute, le responsable a relevé qu’en Algérie, le plastique occupe à lui seul pas moins de 17 % de la quantité totale de déchets générés, soit 130.000 tonnes/an de déchets. «Outre les aspects environnementaux, la récupération des déchets recyclables revêt désormais une grande importance dans le développement de l’économie verte en ayant des effets directs sur la croissance économique en Algérie où pas moins de 2.900 recycleurs ont été dénombrés», a souligné le responsable.(APS)