Dans son discours d’investiture, et concernant la partie consacrée à la politique étrangère, le président de la République a tenu un discours pro-maghrébin.

En tout cas, la sous-région et la relation avec les pays voisins ont occupé une place importante de son intervention avec une inflexion au renforcement et à l’ouverture. Ce qui a retenu l’attention des observateurs à ce sujet sont les mots qu’il a eu sur la Libye.
«L’Algérie est le premier pays concerné par la stabilité de la Libye, qu’on le veuille ou non, et nous accepterons jamais qu’elle soit écartée des solutions proposées au dossier libyen», a-t-il déclaré au sujet du pays voisin en proie à une crise politique et sécuritaire aiguë et dont l’évolution risque de s’aggraver davantage à l’heure où l’on parle d’une offensive imminente des forces du maréchal Haftar sur Tripoli (lire encadré ci-dessous).
«L’Algérie déploiera davantage d’efforts en faveur de la stabilité de la Libye et de la préservation de l’unité de son peuple et de son intégrité territoriale», a encore dit le président de la République, lançant un appel au peuple libyen pour s’unifier et suggérant un retour rapide de la diplomatie algérienne sur le terrain miné de la conciliation inter libyenne, plusieurs mois après une absence due à la crise politique qui a marqué la vie politique nationale depuis février dernier.
Au sujet du Maroc, le président Tebboune a estimé que la question du Sahara occidental est une affaire de
«décolonisation» aux mains des Nations unies et qu’elle ne doit pas compliquer la relation entre Alger et Rabat. «L’avenir de ce dossier est entre les mains de l’Organisation des Nations unies et de l’Union africaine», a-t-il dit.
Cette question ne doit «pas envenimer les relations avec les frères marocains», a-t-il ajouté, soulignant que «l’Algérie œuvrera à préserver le bon voisinage et raffermir ses relations fraternelles avec les pays du Maghreb». Le Maghreb «fera partie des préoccupations de l’Etat algérien qui œuvrera inlassablement à la préservation des relations de bon voisinage et des liens de fraternité et de coopération» avec tous ses Etats, a-t-il encore insisté. Pour ce qui concerne le Sahel, «l’Algérie consentira davantage d’efforts pour concourir à la stabilité et au développement» de la sous-région, s’est-il engagé. L’Algérie «continuera à tendre la main à l’ensemble des Etats pour la lutte contre le terrorisme international, le crime organisé et transfrontalier et tous les fléaux sociaux mondiaux afin de contribuer efficacement à la consolidation de la paix et de la sécurité internationales», a-t-il poursuivi, faisant rappeler que la bande sahélo-sahélienne est fortement exposée aux questions de l’insécurité et au crime dans ses diverses formes.
En ce qui concerne le Moyen-Orient, le président Tebboune a exprimé le souhait de voir Syriens, Irakiens et Yéménites sortir de leurs épreuves et «nous sommes prêts à contribuer, de bonne foi, à la réalisation de cet objectif». Quant à la cause palestinienne, il a indiqué que l’Algérie «continuera à être un appui pour nos frères Palestiniens, à répondre à leur appel et demeurer à leur côté jusqu’à la réalisation de leurs droits légitimes à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec El Qods pour capitale et au retour».