Par Bouzid Chalabi
A l’image d’un volume important de chlore, déversé en mer près d’une plage d’une commune du littoral de la région de Ténès et dont été victimes des centaines de citoyens, ainsi que la série d’incendies déclenchés ces dernières semaines dans plusieurs massifs forestiers du pays, notre patrimoine naturel continue de faire face à une agressivité qui mérite une grande réflexion. Dans cette perspective, le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNSEE), Rédha Tir, encourage le gouvernement «à mettre plus de poids au niveau des institutions qui gèrent l’environnement en Algérie».
Pour ce dernier, qui s’exprimait aux médias en marge d’une journée organisée, hier à Alger, par le CNESE sous le thème «Les politiques environnementales», «l’évaluation des dommages causés à l’environnement devient une priorité à intégrer dans nos politiques de développement». Sur ce dernier point, Rédha Tir a insisté sur «l’intégration de l’environnement à l’économie nationale qui est une question capitale. Pourquoi ? L’économie est liée à la fixation des ressources naturelles qu’il faut utiliser de manière rationnelle si l’on veut avoir de la croissance à longue échéance». Dans cette perspective, le patron du CNESE a confié : «Nous avons jugé utile à notre niveau de nous pencher sur le sujet en disposant d’un maximum de données. Un outil indispensable si l’on veut atteindre les objectifs escomptés, notamment l’équilibre de notre économie, c’est-à-dire par rapport aux ressources et aux exigences de la croissance économique». Poursuivant dans ce sens : «Nous travaillons actuellement à recenser tous les engagement pris par l’Algérie sur les questions environnementales pour pouvoir disposer d’un état des lieux sérieux et surtout surveiller le risque à l’international. Il faut savoir qu’avec l’avènement de la Covid, les pays vont être plus exigeants pour tout ce qui touche l’avenir de la planète, en outre, la régulation des émissions de CO2 dont nous sommes concernés par notre tissu industriel composé d’usines à fort dégagement de CO2». Le président du CNESE a fait savoir que des progrès ont été accomplis à ce jour en matière de politique environnementale «mais il reste encore du chemin à faire», a-t-il conclu.
Toujours à propos de politique environnementale, Samira Hamida, membre du CNESE, dont c’était le sujet de sa conférence, et après avoir rappelé tout l’arsenal juridique en la matière, estime que certains sont à revoir. Citant en outre la règle, «pollueur/payeur» qu’elle rejette pour la remplacer par «payez pour ne plus polluer». Militant, également, pour la mise en place d’instruments d’autocontrôle pour tout ce qui concerne les rejets industriels, les émissions atmosphériques et les déchets industriels spéciaux. Comme elle a insisté sur l’intérêt d’introduire de nouvelles mesures institutionnelles et d’élaborer des plans d’action «à même de réduire au maximum les risques de dégradation de l’environnement. La conférencière a enfin plaidé pour l’émergence des cultures environnementales. Notons enfin que les travaux du CNESE sur les politiques environnementales vont se conclure par une série de résolutions qui seront débattues en haut lieu d’ici la fin de l’année «pour être adoptées par le gouvernement», a précisé le président du CNSEE. n