Par Nadir Kadi
Le commissaire aux énergies renouvelables auprès du Premier ministre, le professeur Nordine Yassa, a présenté hier certains aspects de la stratégie du gouvernement en matière de diversification des sources d’énergies, mais aussi d’exportation de ces dernières dans les prochaines décennies.
Le responsable, qui s’est exprimé sur les ondes de la Radio nationale au lendemain de la réaffirmation des liens avec le partenaire italien, a en substance précisé que les nouvelles annonces confirment la volonté de l’exécutif de réformer le modèle de consommation énergétique en Algérie : «Les nouveaux gazoducs pour le transport du gaz et de l’hydrogène, ainsi que l’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Italie (…) vont certainement accélérer la transition énergétique en Algérie.»
En effet, le responsable affirme pour qui il est urgent «d’équilibrer» les sources d’énergies consommées ou exportées par le pays. Nordine Yassa, en rappelant que le mix énergétique en Algérie est actuellement dominé par l’énergie fossile avec «70% de gaz naturel et 30% de pétrole», a fait savoir que la stratégie suivie par le gouvernement était axées sur deux aspects : «diversifier l’offre, en allant vers un mix énergétique diversifié comportant une part importante d’énergie renouvelable (…) et maîtriser la demande interne en réduisant la consommation d’énergie par un programme d’efficacité et de sobriété énergétique». L’intérêt, selon le responsable, serait en ce sens de rationaliser l’usage de l’énergie au niveau national, mais aussi de sécuriser l’exportation ; la consommation interne d’énergie représenterait, en effet «42% de l’énergie produite en Algérie, les 58% restants étant exportés vers l’étranger».
Quant à la mise en œuvre de cette stratégie, le professeur Nordine Yassa précise que la marge de manoeuvre est suffisante, en soulignant que «la structure de notre consommation d’énergie» est dominée à 45% par les ménages et le secteur tertiaire, 29% par les transports et 24% pour l’industrie. «II y a des actions à faire pour maîtriser la consommation, notamment dans le bâtiment, les transports et l’industrie. Il y a tout un programme d’efficacité énergétique qui permettra de maîtriser notre consommation et de dégager des volumes de gaz naturel qui pourront s’ajouter au quota d’exportation. Le président de la République avait fixé l’objectif de doubler les volumes d’exportation pour atteindre les 100 milliards de mètres cubes par an».
Par ailleurs, il apparaît également que cette refonte du modèle de consommation pourrait se faire en parallèle d’une plus large utilisation des énergies dites renouvelables. Le professeur Nordine Yassa déclare en ce sens : «Actuellement, nous évaluons (…) à 440 mégawatts la production d’électricité renouvelable, soit 2% de la production.» Avant d’ajouter un plus loin : «Nous avons établi une feuille de route (…) Nous avançons avec les collectivités locales qui ont installé des systèmes solaires au niveau de sites isolés. Par ailleurs, en ce qui concerne l’éclairage public, nous avons réussi en l’espace de deux ans à atteindre 10 mégawattheures, en plus de 1 200 écoles ou administrations qui installent des systèmes solaires». Refonte du modèle de consommation d’énergie éclectique qui peut également bénéficier à la production d’hydrogène, puis son exportation, selon le même responsable.
L’objectif en la matière serait en effet de «couvrir au moins 10% du marché européen (…) soit l’équivalent de 2 millions de tonnes d’hydrogène, nous en avons les capacités» d’autant que «les partenaires européens ont la volonté d’investir dans ce secteur en Algérie».
Et dans cette logique, Nordine Yassa a également noté hier «qu’une stratégie a été adoptée par les hautes autorités du pays lors du dernier Conseil des ministres (…) La feuille de route sera déclinée en plusieurs phases. La première consiste en la mise en place du cadre réglementaire et normatif, mais aussi au lancement de projets pilotes». <