Le gouvernement travaille à la mise en place de politiques sociales équitables, prévoyant notamment des subventions ciblées pour les personnes les plus nécessiteuses.

L’approche a été adoptée. Et, les mécanismes de ciblage opérationnels, efficaces et objectifs sont à l’étude, selon le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, qui répondait aux députés au terme d’une séance plénière consacrée au débat du projet de loi de Finances (PLF) 2019. Il a déclaré que les autorités publiques s’emploient actuellement à l’élaboration d’une étude sur les mécanismes susceptibles de cibler et de consacrer les subventions aux catégories vulnérables et d’alléger l’impact négatif induit par la hausse progressive des prix sur certaines catégories sociales. Lorsque les prix, notamment ceux des produits agricoles augmentent dans des proportions importantes, et c’est le cas aujourd’hui, le pouvoir d’achat des ménages s’en ressent. Le ministre aura peut-être le mérite de mettre cela en évidence. Il a signifié que le gouvernement auquel il appartient fait preuve de volonté politique de revoir l’actuel système de subventions. Il l’a l’exprime en ces termes: les autorités publiques demeurent déterminées à adopter une politique sociale à même de garantir au citoyen algérien la plus large couverture sociale possible. La politique de subventions à partir des transferts sociaux et aides directes ou indirectes sera consacrée aux catégories vulnérables, en allégeant l’impact négatif de la hausse progressive des prix sur ces catégories, à travers un programme d’indemnisation de la population affaiblie par les réformes escomptées. La production de pétrole et de gaz est la vache à lait du pays. Les recettes fiscales qui en sont issues sont redistribuées par le biais des dépenses budgétaires sur les salaires des fonctionnaires. Le problème est que de larges pans de la société n’en bénéficient pas assez, et du coup, ne pouvant supporter le coût de la vie. Et les autorités publiques le savent. Elles sont conscientes de l’importance du ciblage des subventions, qui doivent être destinées aux catégories démunies et nécessiteuses qui ont réellement besoin d’aides effectives.

« Nous étudions la possibilité d’alléger l’impact progressif de la hausse des prix sur ces catégories et de préserver leur pouvoir d’achat », a promis le ministre des Finances. Mais, beaucoup de temps avait été perdu avant qu’elles ne s’engagent dans un changement d’approche.
C’est la crise, en fait, que vit le pays depuis 2014 qui l’y a poussé. Cette crise a fortement fragilisé les capacités de l’Etat d’accorder des subventions à tout le monde. Raouya a d’ailleurs précisé que les équilibres internes et externes ainsi que les finances publiques ont été mis à rude épreuve depuis le deuxième semestre 2014, avec l’incapacité d’assurer de larges subventions aux différentes catégories, sans distinction aucune. Elle a aussi servi à raviver le vieux débat sur les subventions. Tout le monde, ou presque, en parle. Les débats parlementaires autour du PLF 2019 ont du reste constitué une belle occasion pour évoquer le sujet. Ainsi, dans son intervention, le député Yahia Abaza (Indépendants) a proposé la révision de la politique des subventions au profit des catégories démunies et une plus grande maîtrise de la hausse des prix dans un contexte où les salaires stagnent, ce qui a induit un recul du pouvoir d’achat des citoyens. Pour sa part, le président du groupe parlementaire du Mouvement populaire algérien (MPA), Hadj Cheikh Barbara, a appelé à la nécessité d’étudier « méticuleusement» la question des subventions sociales afin qu’elles soient orientées vers ceux qui sont dans le besoin, vers les nécessiteux, les vrais.