L’Algérie est citée en exemple par la directrice générale du Fonds monétaire (FMI), Christine Lagarde, en matière de maîtrise de politique budgétaire. La loi de finances de 2017 prévoit, rappelle-t-elle, un cadre à moyen terme qui fixe des objectifs de recettes et de dépenses pour les trois exercices à venir.

L’institution de Breton Woods salue ainsi le «Nouveau modèle de croissance économique et trajectoire budgétaire 2016-2019», dans lequel figure ce cadrage budgétaire. En effet, l’ajustement budgétaire dont il est question est basé sur un baril de pétrole à 50 dollars en 2017, à 55 dollars en 2018 et à 60 dollars en 2019 et sur un taux de change de 108 DA pour un dollar.
Naturellement, il est très flatteur d’être considérés comme un modèle par rapport aux pays exportateurs de pétrole. Certes, devraient dire beaucoup d’observateurs, ce sera ça de gagné pour la suite des réformes que l’actuel gouvernement est en train de mettre en place.
Pourtant, ces prévisions budgétaires, toutes choses restant égales par ailleurs, ne sont pas forcément synonymes de certitude de croissance économique et de bonne application desdites réformes, quand bien même l’Exécutif a affirmé les avoir établies sur la base de projections fournies par des experts pétroliers étrangers. Il est vrai que pour le moment, il a la possibilité d’aller dans le sens des objectifs du Nouveau modèle de croissance économique, puisque les cours de l’or noir évoluent dans une bande fluctuante qui s’accorde avec la trajectoire budgétaire qu’il a projetée. Mais encore faut-il que cette tendance des prix du pétrole se maintienne sur trois ans. C’est là toute la question qui importe en réalité. Quant au satisfecit exprimé par le FMI, il n’aura que valeur de caution institutionnelle.
Le Fonds monétaire estime que des réformes de très grande ampleur sont nécessaires dans le pays pour pouvoir opérer une réorientation du modèle économique, le but étant de dégager plus de croissance dans les secteurs hors hydrocarbures et de se défaire de l’addiction pétrolière.
Il y a également nécessité d’assainir les dépenses publiques, parce que le contrechoc pétrolier pèse sur la capacité de l’Etat à continuer à financer au même niveau qu’auparavant, un travail a déjà été amorcé en ce sens par l’Exécutif qui a commencé à resserrer les finances de l’Etat, une austérité soft, en fait, d’autant plus que les subventions n’ont pas été touchées par la nouvelle politique financière. S’exprimant au cours du deuxième Forum arabe des finances publiques qui se tient à Dubaï, Mme Lagarde a souligné la nécessité pour les économies arabes de définir les objectifs de recettes dans la conception d’une politique fiscale globale. Cette politique budgétaire, le FMI a souhaité que d’autres pays pétroliers s’en inspirent. Pour la directrice du Fonds, la définition des objectifs budgétaires aide à aligner les recettes sur les dépenses aussi bien à court qu’à long terme.
Pour faire aboutir les réformes fiscales et atteindre leurs objectifs, les gouvernements devront centrer leur politique fiscale sur certaines priorités fondamentales, a-t-elle ajouté.
Dans les pays exportateurs de pétrole, dont le nôtre, cela suppose de diversifier les sources de recettes pour ne plus dépendre du pétrole ou du gaz, a-t-elle expliqué. La directrice générale du FMI a également suggéré que les pays mettent en place, dans un premier temps, une TVA et d’autres taxes sur la consommation par exemple sur le tabac et sur les boissons sucrées. A terme, ces pays peuvent aussi envisager de tirer d’autres recettes de la fiscalité des revenus et des biens fonciers.