Sur proposition du directeur général de la Sûreté nationale, Farid Zineddine Bencheikh, le chef de l’Etat a procédé à la nomination de nouveaux patrons à la tête de grands départements de la police nationale. Un grand remue-ménage qui concerne notamment les renseignements généraux, objet de polémique depuis la tragédie de Larbaâ Nath Irathen le 11 août dernier.

PAR NAZIM BRAHIMI
Un mouvement important a été opéré, hier, à la tête de plusieurs Directions générales de la Police nationale.
Il s’agit manifestement de la décision la plus importante sous le règne du patron de la DGSN, Farid Zineddine Bencheikh, nommé à ce poste le 15 mars 2021, dans la mesure où ce sont des directions générales et des postes névralgiques de la DGSN qui ont été touchés par ce mouvement. Mais au vu du contexte dans lequel intervient ce changement, on ne peut que faire le rapprochement entre ces nominations et l’actualité sociopolitique dans le pays.
En effet, deux événements marquants de cette actualité. Il y a, d’abord, le lynchage et l’assassinat de Djamel Bensmaïl à Larbaa Nath Irathen (Tizi Ouzou) dans des conditions pas encore totalement élucidées et au cours duquel la gestion faite par des éléments de la Sûreté de daïra et des Renseignement généraux a fait l’objet de polémique depuis la tragédie le 11 août dernier.
Ce dernier département est désormais confié, à la faveur de ce changement opéré par le président Tebboune sur proposition du patron de la Police nationale, à l’inspecteur Saïdani Tahar. Le poste de Directeur de la Sécurité publique, également important, a été confié à l’inspecteur Daoud Mohand Chérif, alors que l’inspecteur Saleh Makhlouf s’est vu attribuer le poste de Directeur de la Police des frontières (PAF).
Ensuite, second élément qui serait en lien avec ce changement très significatif au sein de la DGSN, ce sont les turbulences constatées sur la Toile avec la transformation de l’espace virtuel en théâtre de confrontations politiques et politiciennes, poussant le gouvernement à considérer certains activistes sur le net comme des sources de désinformation.
Le 21 mars 2021, le procureur de la République près le Tribunal de Bir Mourad Raïs avait annoncé l’émission d’un mandat d’arrêt international contre les accusés Zitout Mohamed Larbi, Aboud Hichem, Boukhors Amir, dit Amir.dz, et le gendarme déserteur Mohamed Abdallah.
«Conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Procureur de la République près le Tribunal de Bir Mourad Raïs porte à la connaissance de l’opinion publique les faits d’une grave affaire pénale d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité et la stabilité du pays », a informé au printemps dernier le procureur de la République. Il s’agit d’une « affaire en cours de traitement judiciaire après de profondes investigations menées pendant plusieurs mois ayant permis d’identifier ses commanditaires, parmi eux des activistes sur la toile», est-il relevé par le procureur.
Ce dernier a expliqué qu’il s’agit de « l’affaire du dénommé M. A. (Mohamed Abdallah, ndlr) qui utilisait des documents falsifiés pour retirer des pièces d’identité, des documents de voyage. Il a également créé des sociétés qui lui ont permis de bâtir un réseau de financement d’activités subversives à travers le mouvement Rachad». Le communiqué du procureur de la République a ajouté que «parmi les commanditaires figure le nom de Zitout Mohamed Larbi au sujet duquel les investigations ont prouvé plusieurs rencontres avec le dénommé M. A. dans des pays voisins, où il a reçu des sommes importantes utilisées sous le couvert de sociétés pour le financement des activités secrètes du mouvement Rachad, notamment la location de biens pour abriter les réunions dudit mouvement».
Le Procureur de la République a noté, par la même occasion, que Mohamed Abdallah, dont les autorités espagnoles s’apprêtent à extrader vers l’Algérie, « était membre d’un parti dissous au début des années 90, qui avait rejoint les groupes terroristes et a été condamné, en 1994, à la peine capitale avant de bénéficier des dispositions de la Concorde civile ». Zitout Mohamed Larbi est poursuivi pour «gestion et financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale, faux et usage de faux et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle». Aboud Hichem, Boukhors Amir et Mohamed Abdallah sont poursuivis, quant à eux, pour «adhésion à groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale, financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle», selon le Procureur de la République. <