Le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND) soutiennent Salah Goudjil, président du Conseil de la Nation par intérim, ciblé la semaine dernière par des attaques de plusieurs sénateurs. Ces derniers, qui reprochaient à Goudjil la non-déclaration de vacance du Sénat pour organiser la succession de Bensalah, l’ont accusé de prolonger sciemment son intérim à la tête de l’institution.
Mais face à ces accusations, Goudjil se voit bénéficier de soutiens des plus importants, celui des groupes parlementaires tant du RND que du FLN au Sénat. Ces deux groupes parlementaires ont annoncé leur appui à Goudjil publiquement en vue de se démarquer des sénateurs opposés à l’intérimaire de Bensalah. « Le Groupe parlementaire du FLN exprime son entière et totale disponibilité à s’inscrire dans le cours normal des travaux du Conseil de la Nation et salue les efforts déployés par le moudjahid pour assurer la pérennité et la stabilité du Conseil dans les moments difficiles que l’Algérie a récemment traversés », lit-on dans un communiqué du groupe parlementaire qui réitère, par la même occasion, son engagement « à continuer à œuvrer et travailler avec Salah Goudjil en prévision des prochaines et importantes échéances nationales notamment celles relatives au plan d’action du gouvernement et du projet de révision de la Constitution ». Même démarche s’agissant du groupe parlementaire du RND, lequel a fait part, dans son communiqué, « de son entière disponibilité à travailler avec le moudjahid Salah Goudjil, au moment où l’Algérie est en phase d’importantes réformes politiques, que le Conseil assumera prochainement, telles que la préparation du débat du plan d’action du gouvernement et la poursuite de l’étude des textes de lois qu’ils lui ont été transmis dans le cadre de ses attributions ». Mais pour mieux comprendre le soutien concomitant des groupes parlementaires du RND et du FLN à Goudjil, il est impératif de le lier non seulement à la succession de Bensalah mais également à l’ambition de certains sénateurs de succéder à ce dernier. Particulièrement s’agissant de deux sénateurs du FLN, en l’occurrence Mahmoud Kaissari et Abdelwahab Benzaim. Tous deux briguent la présidence du Sénat et ont commencé leur campagne tout de suite après la démission de Bensalah. Et ce sont eux qui ont été à l’origine des critiques virulentes à l’endroit de Goudjil, la semaine dernière, et plus précisément dimanche dernier, quand ce dernier a convoqué une réunion du bureau du Sénat pour élaborer un calendrier d’activités de l’institution. Le même jour, Kaissari tout autant que Benzaim se sont relayés dans les médias pour dénoncer publiquement l’attitude de Goudjil qui « tourne le dos au règlement intérieur » du Sénat, selon eux. Benzaim avait en effet considéré à ce propos que le communiqué du bureau du Sénat de dimanche dernier « ne constitue en réalité qu’une prolongation du mandat de Goudjil à la tête du Sénat en sa qualité d’intérimaire en violation des textes de loi ». Kaissari, quant à lui, a estimé que « cette situation de non droit dans laquelle se trouve le Sénat requiert une intervention du Président de la République ». Mais reste à savoir si les communiqués de soutien du FLN et du RND réussiront à faire taire Benzaim et Kaissari ? Il faudrait certainement attendre quelques jours. Par ailleurs, les deux groupes parlementaires ont réitéré leurs soutiens aux priorités du Président de la République, « convaincus des enjeux et défis lancés par le Président pour l’édification d’une Algérie nouvelle qui répond aux aspirations du peuple algérien, exprimées à travers un Hirak paisible et qui reflètent les espérances et les principes pour lesquels se sont sacrifiés les chouhada et les glorieux enfants de ce pays, et dont nous aspirons tous, à commencer par le défi majeur, à savoir la révision de la Constitution », ont-ils soutenu.