L’Office national de météorologie (ONM) a considéré qu’il «est trop tôt» pour parler de sécheresse, un scénario qu’appréhendent de nombreux Algériens suite au déficit en pluviométrie depuis le mois de décembre dernier, annonçant «un changement de météo» dès le 12 février.
Expliquant que le retard de la saison des pluies était dû à «une forte pression atmosphérique concentrée en méditerranée», la chargée de communication à l’ONM, Houaria Benrekta, a estimé qu’il est «trop tôt» pour parler d’une période de sécheresse.
La responsable au niveau de l’ONM a souligné, dans une déclaration à l’APS, que «la forte pression atmosphérique concentrée actuellement en Méditerranée et touchant également les pays sud de la région constitue désormais une barrière empêchant toute infiltration d’air froid, repoussé vers d’autres régions…».
Cependant, a-t-elle ajouté, «un changement est prévisible à la fin du mois en cours», raison pour elle d’insister pour dire qu’il «est trop tôt pour parler d’une période de sécheresse».
Faisant remarquer que la météo en Algérie connaît «une phase de stabilité marquée par l’absence de précipitations, l’on constate, toutefois, que les jours secs en cet hiver sont moins importants que les jours de pluie», la responsable a souligné qu’un «changement de météo est prévisible à partir du 12 février en cours et les jours du même mois qui s’en suivront».
Mme Benrekta a rappelé que «le même phénomène météorologique avait été observé durant les trois dernières années 2019, 2020 et 2021, soit un retard de la saison des pluies attendues en décembre et janvier jusqu’aux dix derniers jours du mois de février, et des intempéries en février et mars incluant même des chutes de neige».
De son côté, le directeur du Centre climatologique national (CCN), Salah Sahabi Abed, a indiqué que «parler des intempéries et des changements climatiques en Algérie ou dans tout autre pays est devenu une question courante, étant étroitement lié à la situation climatique mondiale, fortement affectée par le réchauffement climatique, qui a provoqué en Algérie, comme dans la région nord-africaine, des phénomènes naturels exceptionnels, notamment des sécheresses ou encore des orages fréquents sur de courtes périodes, susceptibles d’entraîner des inondations».
M. Sahabi a observé, dans ce sens, que les études réalisées par des spécialistes dans le domaine indiquent qu’au cours des prochaines années et jusqu’en 2030 ou encore en 2050, la pluviométrie saisonnière diminuera à 20%, voire oscillera entre 15 et 30%
«Si les émissions de gaz ne sont pas réduites ou atténuées en prenant les mesures nécessaires, il est possible d’atteindre un hiver sans pluie», a-t-il mis en garde, faisant constater que «les taux de pluviométrie ont diminué en Algérie au cours des trente dernières années».
Pour lui, «il y a dix ans qu’il a été constaté en Algérie que le mois de janvier est devenu un mois sec, sans que cela ne signifie que le pays est entré dans une phase de sécheresse»