Le front social promet de s’animer durant les prochains jours. Entre le 29 et le 31 mars 2021, plusieurs manifestations sont, en effet, prévues par différentes organisations syndicales qui ont décidé d’appeler à la mobilisation dans les secteurs de l’Education, de la Santé, du Commerce et des Finances, en protestation contre des «promesses ressassées et non tenues».

Par Milina Kouaci
Ce réveil social annoncé est expliqué comme une «nécessité» ou une «obligation» des acteurs syndicaux et sociaux de rappeler au gouvernement le «bien-fondé» de leurs revendications après les avoir mises en suspens durant la parenthèse sanitaire et le souci de contribuer à la lutte anti-Covid-19, nous dira un syndicaliste du secteur de l’Education nationale. Certaines revendications sont «en suspens depuis des années», ajoute-t-il, déplorant une «fuite en avant» et une «passivité» des pouvoirs publics. D’autres sont d’actualité et en relation avec «l’érosion du pouvoir d’achat» des salariés.
En somme, selon ce syndicaliste, les manifestations et autres expressions de protestation envisagées à partir de demain, lundi, sont une sorte de piqûre de rappel au gouvernement de «tenir ses engagements» socio-économiques. Il en est ainsi du Syndicat national des travailleurs de l’Agence nationale de l’emploi (Anem), qui a annoncé l’organisation, durant la journée du 30 mars, d’un sit-in de protestation devant le siège du ministère du Travail. Il s’agit «d’exiger la satisfaction de sa plateforme de revendications». Ce syndicat affilié à la centrale UGTA réclame, entre autres, une revalorisation des salaires ainsi que l’application de la convention collective au programme.
Dans le même secteur, le Syndicat national autonome des inspecteurs du travail (SNAIT) compte reconduire, à partir de ce lundi 29 mars, son mouvement de grève cyclique de trois jours qu’il avait entamé la semaine passée, afin de demander la révision du régime indemnitaire et du statut particulier des inspecteurs du travail. Le Syndicat autonome des fonctionnaires des impôts (SAFI) devrait observer au cours de la même journée de lundi un mouvement de grève nationale de trois jours. Ce débrayage a été décidé suite au «non-respect de la tutelle de ses engagements». Cette organisation syndicale accuse la tutelle de «fuir ses engagements», menaçant ainsi de radicaliser ses actions si sa plateforme de revendications demeure insatisfaite.
Dans le secteur de l’Education, la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire a décidé, en effet, de commémorer par une démonstration de force, mercredi prochain, la première année de sa rencontre bilatérale avec le ministre de l’Education nationale, le 31 mars 2020. Lors de cette entrevue, M. Oudjaout, qui avait pris en main le dossier en relais de son prédécesseur Abdelhakim Belabed, qui s’était engagé à satisfaire les revendications «légitimes» des instituteurs. Leurs demandes s’articulent, principalement, autour de l’application du décret 14-266 fixant la grille indiciaire et le régime de rémunération du personnel du secteur avec effet rétroactif, la révision des programmes pédagogiques et le recrutement des superviseurs afin que l’enseignant se consacre à la tâche pédagogique.
Pour leur part, les directeurs des établissements du cycle primaire, en colère «contre le mutisme de la tutelle», consulte la base en vue d’aller vers des actions de grève. Le Syndicat des directeurs des écoles primaires (Snadep) exige notamment de «libérer l’Ecole publique de la gestion des collectivités locales» qui ont failli à leur mission.
Dans le secteur de la santé, le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) et le Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation (Snaamarsp) comptent également mobiliser leurs troupes. Les deux syndicats déclarent qu’ils décideront de la forme et de la durée de leurs manifestations respectives après concertation et consultations de leurs bases.