Pour le huitième lundi consécutif, les enseignants du cycle primaire ont observé, hier, une grève ayant paralysé la majorité des établissements scolaires. Ils ont également organisé un mouvement de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education nationale.
Le conflit opposant depuis plus d’un mois et demi le ministère de l’Education nationale et la coordination des enseignants du primaire s’enlise et se complique davantage. En effet, la tension ne baisse pas chez les enseignants du primaire, bien au contraire, elle ne fait que s’amplifier. Hier encore, les cours ont été perturbés dans plusieurs établissements primaires.
D’ailleurs, en plus de cet arrêt, des dizaines d’enseignants, venus de Djelfa, Laghouat, Blida, Tébessa, Tizi Ouzou, Béjaïa, Tipasa, Bouira, Médéa, Alger et Boumerdès, ainsi que des parents accompagnés de leurs petits, se sont rassemblés dès les premières heures de la matinée d’hier devant l’ancien siège du ministère de l’Education nationale, à Alger.
Leur sit-in de protestation est l’expression d’un ras-le-bol des enseignants du primaire quant à leurs conditions socioprofessionnelles qui, selon leurs termes, sont déplorables. Entourés par un important dispositif de police, les enseignants protestataires ont scandé à l’adresse du ministre de l’Education de «respecter l’enseignant du cycle primaire» et à «préserver sa dignité» à travers la satisfaction de «ses revendications légitimes».
Pour sa part, le ministère de l’Education, qui n’a jusqu’ici pris aucune mesure concrète pour mettre fin au débrayage des enseignants de ce palier, a instruit ses académies au niveau des wilayas afin d’établir les listes des grévistes pour qu’il puisse procéder par la suite à des ponctions sur salaires.
Aucun dénouement en vue
Qu’il s’agisse du dossier logements, de la révision de la loi sur la retraite, de l’introduction de la spécialisation dans le cycle primaire ou encore de la consécration de la parité dans les trois paliers de l’Education, en termes de classification et de volume horaire, aucune de ces revendications n’a trouvé un écho favorable pouvant atténuer l’irritabilité des grévistes.
Les quelques revendications prises en compte, à l’exemple de celle relative aux sanctions pour tout directeur ou inspecteur qui fera preuve d’autoritarisme ou d’arbitraire dans l’exercice de ses fonctions, sont en deçà ou en dehors des vraies attentes de ces enseignants qui ont choisi une période des plus sensibles de la vie politique nationale pour faire exploser leur colère.
Alors qu’un dénouement est en vue, cette situation qui risque de se répéter la semaine prochaine va causer ainsi, des problèmes aux élèves et à leur cursus scolaire. En effet, ces derniers seront contraints de «grignoter» sur leurs vacances de printemps pour rattraper le retard pris dans les enseignements en raison du mouvement de grève qui secoue le secteur.