La recrudescence des contaminations au coronavirus, qui a dépassé hier le seuil des 800 cas, fait planer le doute quant à la poursuite des cours, au moment où certains directeurs ont déjà décidé de fermer leurs écoles, après avoir enregistré des cas de contamination parmi les élèves et les enseignants.

PAR MILINA KOUACI
Faut-il fermer les écoles ou y aurait-il une marge à laisser se poursuivre les cours tout en renforçant les mesures de préventions ? Des questions qui angoissent aussi bien les directeurs d’établissement, les parents d’élèves que les organisations syndicales du secteur.
L’inquiétude est à son paroxysme dans certains endroits où les appels à la fermeture des écoles se font de plus en plus pressants afin, d’un côté, de préserver la vie des enfants et, de l’autre, briser la chaîne de transmission du virus. A l’évidence, les chefs d’établissement qui ont décidé de fermer ne l’ont pas fait de gaieté de cœur, mais plutôt après avoir établi le constat de l’impossibilité de poursuivre les cours.
Pour la décision politique, il n’est point de doute qu’elle appartient au gouvernement avec, préalablement, consultation du comité scientifique et des autorités sanitaires. Ce qui est sûr pour l’heure, c’est que le département de l’Education est fortement bousculé par la hausse des contaminations. Preuve en est, la réunion tenue hier par le ministre avec les directeurs et les cadres de l’administration centrale, consacrée à l’examen de la situation épidémiologique. Selon un communiqué du département de l’Education, M. Belabed a insisté pour «un suivi minutieux» de la situation sanitaire au niveau des établissements éducatifs, et ce, en coordination avec les directions de la santé dès l’apparition de cas suspects ou confirmés. Insistant également sur l’application du protocole sanitaire, le ministre a appelé à la «réactivation des cellules de suivi chapeautées par les directeurs de l’éducation de qui est attendue la diffusion de l’information juste.
Comme il a insisté sur «l’importance d’une mobilisation générale pour endiguer efficacement la pandémie, en veillant à un suivi régulier de la situation sanitaire au niveau de ces établissements». Il a enfin appelé à assurer une «information juste pour rassurer à la fois les parents et l’opinion publique et ne pas tomber dans le piège de la panique résultant de la propagation de rumeurs».
Inquiétude chez les parents d’élèves
Du côté de l’Organisation nationale des parents d’élèves, le temps est à l’inquiétude. «On assiste à une propagation inquiétante des contaminations à la Covid-19 dans les écoles», alerte Ali Benzina, président de l’ONPE, qui ne croit pas à la «demi-mesure». Du fait du relâchement et de la non-application du protocole sanitaire, des cas sont détectés à Skikda, Mostaganem, Aïn Témouchent, Tlemcen, Oran, Alger, cite entre autres notre interlocuteur, qui plaide pour l’adoption d’une solution radicale. «Nous demandons à fermer les écoles pour éviter de faire du milieu scolaire un foyer épidémique», préconise M. Benzina. Ce dernier appelle le Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de coronavirus de prendre une décision dans l’immédiat afin de casser la chaîne de transmission et de déterminer la durée de la fermeture.
De son côté, le président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), Hamid Saadi, indique que les cas de contaminations augmentent de jour en jour. Il se veut cependant rassurant envers les élèves et leurs parents. «Il y a un protocole sanitaire qui doit être appliqué dans les écoles. Ce protocole prévoit de fermer une classe, où plus de 4 cas de contamination sont signalés», souligne-t-il, appelant en revanche à la «prudence, à l’observation des mesures barrières et à l’application du protocole sanitaire». «Certes nous avons des enseignants et des élèves malades, mais nous avons confiance en l’Autorité sanitaire et le Comité scientifique qui exigeront inéluctablement de fermer les écoles si la situation sanitaire le dicte», dit M. Saadi qui rappelle que la santé des élèves prime. Moins alarmiste, le président du Syndicat national des censeurs de l’Education nationale (Snacel), Farouk Ketar, explique qu’il s’agit jusque-là de cas isolés et qu’il n’y a pas lieu de s’affoler. «Des classes ont été fermées et non des écoles entières», indique M. Ketar, qui estime que la situation sanitaire est «sous contrôle».
En ce qui concerne la campagne de vaccination dans le secteur, le premier responsable de l’éducation a déploré, la semaine écoulée, le faible taux enregistré dans le milieu scolaire malgré l’organisation de trois campagnes. Finalement, seulement 33% du personnel sont vaccinés, soit 270 000, dont 5 000 enseignants, dit Abdelhakim Belabed qui appelle le personnel à se rendre en masse dans les centres de vaccination.
Récemment, le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie a pointé du doigt le non-respect des gestes barrières, notamment le port du masque, estimant que la vaccination et la prévention restent les seuls moyens de se prémunir contre le Coronavirus. Selon lui, les établissements scolaires sont un point sensible pour la propagation du virus, précisant qu’ils exigent «une application stricte du protocole sanitaire et l’obligation d’utiliser les masques pour tous et de se laver les mains».