PAR MILINA KOUACI
Encore sous le choc des agressions subies par les enseignantes de Bordj Badji-Mokhtar, la famille de l’Education poursuit sa mobilisation pour faire part de son indignation et de sa colère auprès des autorités desquelles est attendue une réaction à la mesure de la gravité des agressions. Les enseignants et le personnel de l’Education observent, aujourd’hui, des sit-in et autres actions en signe de protestation contre l’insécurité et l’agression dont ont été victimes neuf enseignantes dans leur logement de fonction à l’intérieur d’une école à Bordj Badji-Mokhtar. Des faits qui ont choqué la famille éducative et continuent de susciter des réactions. Un rassemblement de protestation des enseignants devrait avoir lieu aujourd’hui devant le siège de la wilaya d’Adrar à l’appel des sections locales de plusieurs syndicats autonomes de l’Education nationale. Ces syndicats annoncent, en effet, le boycott des examens du deuxième trimestre, exigeant à ce qu’un climat de sécurité leur soit garanti pour pouvoir continuer à accomplir convenablement leur mission. En colère, les organisations syndicales réclament l’urgence de mettre en place un complexe de logements clôturé pour les travailleurs de l’Education dans la région et des conditions favorables pour les enseignants afin qu’ils puissent mener leur noble mission.
Les différents syndicats mettent l’accent sur «la nécessité d’assurer la sécurité et en urgence pour l’ensemble des travailleurs de l’Education dans la région, avant toute reprise du travail administratif et pédagogique». Ils exigent dans ce sens «la prise en charge professionnelle et sociale, ainsi que le soutien psychologique en faveur des enseignantes agressées» dans la nuit de lundi à mardi durant deux heures par des individus qui leur ont tout dérobé les laissant dans un état de stress psychologique. Aussi, ils demandent au Président de la République d’élaborer une loi spéciale pour protéger les travailleurs de l’Education nationale, ajoute la même source. Il en est ainsi pour le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) qui a appelé à une action de protestation devant les directions de l’Education du pays afin de dénoncer l’agression subie par les enseignantes.
Une autre manifestation «de solidarité et de protestation», à caractère national, est prévue demain, à l’appel de la Coordination des enseignants du cycle primaire, devant la Direction de l’Education d’Oran. Tout en exigeant la satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles, la Coordination des enseignants du cycle primaire a appelé également à un sit-in de protestation dans toutes les écoles du territoire national pour exprimer son soutien et sa solidarité inconditionnelle avec les enseignantes de Bordj Badji-Mokhtar et tous les employés du secteur qui subissent des actes d’agression. Ladite Coordination appelle le ministère de tutelle ainsi que les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires pour que la sauvage agression de Bordj Badji-Mokhtar ne se reproduise plus à l’avenir et empêcher quiconque de porter atteinte à la dignité et à l’intégrité physique des fonctionnaires du secteur.
Pour sa part, le bureau local du Cnapeste de Béjaïa organise une journée de grève et de protestation devant la Direction de l’éducation demain. Ce syndicat considère que l’agression des enseignantes de Bordj Badji-Mokhtar constitue un «précédent grave dans les annales des problèmes et des difficultés auxquels est toujours confronté le secteur de l’éducation de notre pays», écrit le Cnapeste dans un communiqué rendu public.
Cet incident pose avec insistance «la problématique de la violence et de l’insécurité» dans les établissements scolaires et qui s’ajoutent à toutes les conditions précaires dans lesquelles les employés se débattent, ajoute le syndicat, qui condamne avec force cet «acte ignoble et exige la traduction en justice des auteurs». Il demande de «prendre les mesures nécessaires pour éviter que de tel actes ne se reproduisent à l’avenir». <