Le front social pourrait connaître, au début 2019, de fortes agitations qui toucheront plus d’un secteur d’activité. Plusieurs actions de protestation sont déjà inscrites à l’agenda des syndicats et autres organisations de la société civile. Le gouvernement aura à faire face à la colère de la rue et à des revendications d’ordre social de plus en plus importantes.

Dans le secteur de l’éducation nationale, six syndicats autonomes ont annoncé, le 11 décembre dernier, leur intention de reprendre le chemin de la protestation. Une réunion de coordination se tiendra le 7 janvier pour décider de la date et des modalités de cette grève qui risque de paralyser les établissements scolaires des trois paliers.
En plus de la reprise des grèves, les six syndicats (Unpef, Cnapeste, Snapest, Snte, Cla et Satef) se sont retirés de « la charte d’éthique éducative». Ils dénoncent ce qu’ils appellent les atteintes aux libertés syndicales, le non-respect des engagements par la ministre du secteur, la suppression des procès-verbaux et autres. Dans une déclaration à Reporters, le coordinateur national du Cnapeste, Massoud Boudiba, a confirmé la tenue de la rencontre du 7 janvier prochain. «Chaque syndicat viendra à cette réunion avec des propositions et les résolutions de son conseil national», a-t-il indiqué.
Selon lui, le recours à la grève devient dans les circonstances actuelles un « impératif». «C’est le ministère de l’Education nationale qui pousse au pourrissement. Nous constatons l’absence de volonté de ce dernier à prendre en charge les revendications des enseignants», a-t-il affirmé. Interrogé sur les raisons qui ont amené ces six syndicats à faire cause commune, il dira que les revendications des syndicats se rencontrent. «Nous avons pratiquement les mêmes revendications.
A quoi sert de mener les actions de protestation en rangs dispersés ?», s’est-il interrogé, avant de révéler que le ministère de la tutelle n’a rien fait jusque-là pour calmer la colère et éviter les grèves. «Le ministère de l’Education nationale n’a rien entrepris en vue d’éviter la grève», a-t-il indiqué. Dans le secteur de la santé publique, l’atmosphère est la même. Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp) menace de son côté de revenir à la protestation au cours des prochaines semaines.
Dans un communiqué rendu public le 23 décembre dernier, le Conseil national du Snpsp n’écarte pas le recours à la protestation pour faire aboutir ses revendications. Dans le même document, il déplore l’absence de toute volonté des pouvoirs publics notamment le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, pour trouver des solutions aux problèmes que vivent les médecins du secteur public. Le secteur économique privé connaîtra, lui aussi, des actions de protestation. Le Comité de soutien aux travailleurs de Cevital et à l’investissement privé a programmé une réunion élargie à la société le 19 janvier prochain à Tizi Ouzou. A l’ordre du jour de cette réunion, fixer la date de la marche nationale de soutien à Cevital qui aura lieu dans la ville de Tizi Ouzou. Le coordinateur national du comité Mourad Bouzidi a lancé un appel à toutes les organisations de la société civile de la wilaya de Tizi Ouzou à prendre part à la réunion du 19 janvier. Une réunion qui sera évidemment ouverte à toutes les sensibilités politiques locales.
Sonelgaz concernée par la protestation
Le secteur de l’énergie n’est pas en reste de la fièvre des protestataires. Le Snateg compte organiser au cours des prochaines semaines des actions de protestation pour demander la réintégration de ses membres licenciés en raison de leurs activités syndicales. Le secrétaire général du Snateg Abdelkader Kouafi a déclaré à Reporters que son syndicat projette même d’aller vers une grève illimitée pour faire entendre sa voix. Les dates de ces actions de protestation seront décidées lors du prochain conseil national du syndicat. Toujours dans le secteur de l’énergie, le collectif du groupe Sonatrach des travailleurs retraités et leurs ayants droit a appelé ses adhérents à tenir, le 27 janvier prochain, un sit-in devant le siège de la compagnie des hydrocarbures à Alger pour réclamer la prise en charge de sa plateforme de revendications.
La Confédération des syndicats algériens prépare son offensive
Créée officiellement en novembre dernier, la Confédération des syndicats algériens (CSA) marquera son existence par l’organisation d’actions de protestation pour demander l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs, le respect des libertés syndicales et le retour à l’ancien régime de retraite. n