Plus que trois mois pour les partis politiques et autres prétendants candidats libres aux 462 sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN), pour convaincre les citoyens.


Les Algériens se dirigeront aux urnes le 4 mai prochain pour choisir leurs représentants à la chambre basse du Parlement, après que le chef de l’Etat eut convoqué le corps électoral, jeudi et ce « conformément aux dispositions de l’article 91-6 de la Constitution et des dispositions pertinentes de la loi organique n° 10-16 portant régime électoral ». Cet acte constitutionnel marque ainsi le début de la course, permettant aux partis de peaufiner leurs stratégies et arrêter leurs programmes.
C’est le feu vert. Il est vrai que la majorité des partis politiques, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, sont depuis quelques jours déjà dans le bain des élections, comme le démontre bien cette démission des affaires courantes et des sujets qui occupent l’actualité nationale ou le quotidien des Algériens, il reste qu’avec la date désormais arrêtée du scrutin, les uns comme les autres vont s’atteler à s’organiser sur le terrain, avant même le début officiel de la campagne électorale. Car, jusqu’à présent, l’on est toujours dans la précampagne et chacun y va par un chemin. Si pour les deux formations majoritaires du Parlement, le FLN et le RND, le problème ne se pose pas avec les nouvelles dispositions de la loi portant régime électoral, il n’en est pas de même pour les partis de l’opposition. Les états-majors des formations politiques de l’opposition sont pris de panique à cause de la règle des 4% (art. 94) imposée pour la validation des listes de candidatures.
Les islamistes avec leur politique participationniste sont les premiers à craindre les conséquences de cette loi. Excepté El Islah de Filali Ghouini qui s’est rapproché depuis quelque temps du pouvoir, et qui préfère faire cavalier seul, les autres ont été contraints d’accélérer la réalisation de leurs projets de fusions. De ce fait, deux pôles se sont constitués. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui a récupéré le Front du changement (FC) dans ses rangs, et l’Union pour Ennahdha, El Adala et El Bina construite des partis d’Abdallah Djaballah, Mohamed Douibi et Mostefa Belmahdi. Ces partis se présenteront donc avec des listes communes en attendant, comme ils le disent, la concrétisation de la fusion sur le plan règlementaire après les législatives. Le ministère de l’Intérieur, dans une réponse aux interrogations des partis de l’ex-AAV, a décidé de considérer « uniquement pour cette élection » les trois partis comme ayant atteint chacun les 4% de suffrages. Ce qui arrangerait le FC qui se présentera sous la coupe du MSP. Idem pour El Adala et El Bina qui se sont alliés au mouvement Ennahdha.
Pour les partis de la mouvance démocratique, le FFS, le RCD et le PT notamment, le problème ne se posera pas dans certaines wilayas où ils disposent d’un certain nombre d’élus. Sinon, il faudra rassembler pas moins de 250 signatures pour chaque siège à pourvoir. Exemple : pour présenter une liste dans une wilaya représentée à raison de 10 sièges à l’APN, 2 500 signatures sont exigées. C’est donc parti pour l’élection d’une nouvelle assemblée nationale et le pari de la participation, malgré la présence de la majorité des partis de la scène politique, est loin d’être gagné. Et pour cause, l’adoption par l’actuelle législature de lois considérées « antisociales » a creusé le fossé entre les citoyens et les députés, suscitant colère et indignation. L’on parle surtout des deux lois de finances 2016 et 2017 et de la loi sur la retraite. Comment convaincre les Algériens d’aller voter ? C’est le défi de la classe politique durant ces 90 jours qui nous séparent du grand jour.