La nécessité d’augmenter le rythme de la campagne de vaccination contre la Covid-19, afin de couvrir le plus grand nombre d’Algériens possible, durant les prochains mois, a été mis en relief par Dr Fawzi Derrar, Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), lors de sa récente intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne.
Fawzi Derrar a également déclaré que la chose la plus importante qui a été réalisée aujourd’hui est le démarrage effectif du processus de vaccination. Affirmant dans ce sillage que «notre objectif maintenant est d’augmenter le rythme afin de toucher le maximum de la population», en insistant qu’«il est clair que, maintenant, il faut aller à une cadence plus importante avec le temps».
Afin d’atteindre cet objectif, le Directeur général de l’IPA souligne qu’après l’acquisition de 50 000 doses de vaccin russe Spoutnik V et de 50 000 autres d’AstraZeneca, l’Algérie est en train de finaliser tout ce qui a été entrepris jusque-là avec les Chinois. Il précise à cet effet que «la Chine est un pays ami, à l’instar d’autres pays, avec qui nous avons des accords de coopération et nous sommes dans différents stades de finalisation».
Concernant les nouveaux variants de la Covid-19 repérés ces derniers temps dans certains pays, Dr Fawzi Derrar rassure les Algériens en soulignant que les vaccins actuels restent efficaces. Il affirme à ce sujet : «Avec tout ce que nous savons jusqu’à l’heure actuelle, les nouvelles souches n’ont pas d’impact sur les vaccins qui restent tout aussi efficaces.»
Par ailleurs, concernant les mesures de suivi de la sécurité du transport et du stockage du vaccin anti-Covid, le responsable de l’institut Pasteur affirme : «Nous avons engagé des boîtes spécialisées et certifiées dans la chaîne de froid qui ont suivi la sortie des doses de vaccin anti-Covid-19 depuis l’usine jusqu’à Alger.» Selon l’orateur, son institution a tous les détails sur chaque phase d’acheminement des doses de vaccin. «Nous avons des photos et des enregistrements qui partent de l’usine de production vers l’aéroport et de ce dernier jusqu’à Alger et puis vers le centre de stockage», argumente-t-il.
Face à la polémique concernant le retard qu’a pris l’Algérie pour le choix du vaccin, avant de passer à l’action, le docteur Derrar réplique : «Prendre des précautions, discuter avec le fournisseur et avoir un œil attentif sur le dossier n’est pas un retard.» Tout en soulignant qu’«on ne joue pas avec la sécurité et la santé de nos citoyens». Il affirme que «les premières autorisations pour l’acquisition du vaccin ont été données au mois de décembre dernier et les premiers contrats ont été signés au début de janvier dernier. Ce qui est un délai raisonnable dans de telles circonstances».
Il est à noter que comme cela avait été annoncé, la campagne de vaccination est en train de se poursuivre graduellement au niveau des vingt premières wilayas ciblées avec, en priorité, le personnel de la santé, ainsi que les personnes âgées et les malades chroniques. Si le nombre de professionnels de la santé concernés par la vaccination n’a pas encore été dévoilé, il est à noter que 10 millions de malades chroniques sont prioritaires dans le cadre de cette campagne de vaccination. Rappelons, également, que pour que cette stratégie de vaccination soit efficace, il faudrait vacciner au moins 70 % de la population algérienne.
Pour le moment, les choses avancent progressivement au niveau des polycliniques concernées et des structures de la santé.
Selon de nombreux témoignages diffusés dans les différents médias, une semaine après le lancement de la campagne de vaccination et «jusqu’à présent, aucune complication n’a été enregistrée pour les professionnels de la santé qui ont eu la première dose du vaccin contre le coronavirus».
Finalement, en attendant l’impact de cette stratégie de vaccination, qui «ne pourra être mesuré que dans les trois à six prochains mois», selon le Dr Fawzi Derrar, il est important de rappeler que «la vigilance est toujours de mise à l’heure actuelle. Nous avons toujours des personnes non vaccinées et un virus de la Covid-19 qui est en train de circuler et qui guette la moindre baisse de vigilance pour se propager avec force».
Le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Alger rappelle ainsi que «tant que nous n’avons pas atteint l’immunité collective, le respect des mesures barrières est primordial». Une vigilance qui doit rester de mise, d’autant que l’«on observe une recrudescence du nombre de contaminations de l’autre côté de la Méditerranée et même dans les pays voisins».
Dans le contexte actuel, marqué par l’allégement des mesures de confinement et le lancement de la campagne de vaccination contre la Covid-19, le Dr Fawzi Derrar souligne qu’«il est important de garder un œil sur la situation épidémiologique et sur la circulation du virus, parce que l’on risque d’avoir une recrudescence du nombre de contamination à la Covid-19 si on pense que l’affaire est réglée».
Il conclut en estimant que «le vaccin n’apportera pas la solution immédiatement», mais«dans quelques mois. En attendant, nous devons être conscients de la réalité que le virus circule toujours.» n