L’on se souvient que lors des dernières années du long règne du président déchu, les Conseils des ministres, les réunions du Gouvernement et autres séances de travail consacrées aux dossiers de l’heure perdaient progressivement de leur régularité et de leur ponctualité, jusqu’à carrément disparaître lors d’un quatrième mandat qui avait vu Abdelaziz Bouteflika diriger le pays à partir de son lit de malade.
Mais, depuis l’arrivée de Abdelaziz Tebboune au palais d’El Mouradia, en décembre 2019, les choses montrent bien qu’elles ont pris une tendance tout à fait inverse à travers un calendrier plutôt chargé en ce type de rendez-vous. Il ne se passe même plus une semaine sans que des rendez-vous ne soient organisés. La cadence s’est même accélérée sous l’effet du coronavirus qui a mis les pouvoirs publics face à une crise sanitaire doublée de sérieux problèmes en matière d’équilibres financiers, après l’effondrement des prix du pétrole provoqué, justement, par cette pandémie.
Il y a même un forcing que semble exercer le président de la République sur l’Exécutif de sorte à ce que Abdelaziz Djerrad et son équipe ne temporisent plus pour aller au charbon et entamer la relance socio-économique dans les plus brefs délais, sans attendre que le virus s’en aille ni que le baril de brut ne retrouve sa valeur d’avant la crise sanitaire et autorise de manœuvrer dans le confort.
Preuve de ce forcing, la séance de travail tenue mardi sous la présidence de Tebboune pour examiner le projet du plan à soumettre lors des prochaines réunions du Conseil des ministres. Forcing encore plus détectable à travers les séries d’instructions que distille constamment et régulièrement le premier responsable du pays au gouvernement et ses membres.
C’est d’ailleurs ce qui s’est encore produit lors de cette même réunion. A se demander si ces instructions qui se font de plus en plus entendre lors des fréquentes retrouvailles entre le président de la République et l’Exécutif ne seraient pas le signe de l’incapacité chez certains ministres à répondre à l’urgence imposée à l’Algérie par la double crise. Peut-être bien, si l’on se fie au tout frais remaniement ministériel qui a touché le gouvernement de Djerrad.
Une chose est sûre, incapacité ou autre motif, la relance socio-économique ne peut plus attendre. Et plus que jamais, la balle est dans le camp des ministres chargés de l’opérer.