PAR NAZIM B.
Plus de deux semaines après le déroulement des élections locales anticipées, la situation demeure floue dans de nombreux exécutifs communaux et de wilaya qui ne sont pas encore installés, alors que les délégations de l’Anie ont entamé, hier, l’annonce des résultats définitifs. Cette étape de l’annonce des résultats définitifs intervient après les avis donnés par les tribunaux administratifs et le Conseil d’Etat sur les recours introduits par les concurrents dans cette échéance électorale, une phase qui ne semble pas satisfaire les mécontents globalement déboutés dans leurs recours. Et si les partis qui ont gagné des sièges ont contracté des pactes d’alliance pour la gestion des APC et APW, les choses n’évoluent pas sur le terrain en conformité avec ce qui été paraphé par des responsables politiques.
Pour diverses raisons, le blocage persiste alors que les préoccupations ne manquent pas dans les 1 541 communes et les 58 wilayas que compte le pays au moment où le département de l’Intérieur n’a pas encore tranché la problématique des APC où les élections n’ont pas eu lieu.
Une situation qui rend impossible la tenue des sénatoriales qui, d’habitude, se tiennent au mois de décembre, c’est-à-dire, juste après le renouvellement des Assemblées locales. A l’évidence, les sénatoriales sont reportées de fait en raison d’un retard dans la convocation du collège électoral, composé des élus des APC et des APW. La loi électorale impose, en effet, la convocation du collège 45 jours avant le scrutin. «Les 2/3 des membres du Conseil de la nation sont élus pour un mandat de 6 ans. Les membres élus sont renouvelés, par moitié, tous les 3 ans», est-il indiqué dans la loi électorale, qui ajoute que «les sénateurs sont élus au scrutin plurinominal majoritaire à un tour au niveau de la wilaya, par un collège électoral, composé de l’ensemble des membres de l’APW et des APC».
Ce report n’éloigne pas totalement le jeu des coulisses parmi les prétendants en vue de ce scrutin, dont la compétition semble ouverte et les «chances intactes» pour les potentiels candidats à un siège au Sénat.
A l’évidence, et si le déroulement des élections locales anticipées a été considéré par le président de la République comme «la dernière étape pour l’édification d’un Etat moderne…», cela ne met pas moins la pression sur les P/APC et autres élus locaux tenus de répondre aux attentes des populations locales. D’autant plus que le parachèvement du processus électoral à travers le renouvellement des APC et APW est censé «permettre de rétablir la confiance entre les citoyens et leurs représentants et de corriger les défaillances relevées dans les Assemblées locales au cours des dernières années».
Le pouvoir politique mise ainsi sur le nouveau code électoral attendu qu’il «libère» la collectivité de la vision «centralisant» l’exercice du pouvoir local sur les plans financier et organisationnel.
On parle à ce propos, dans le milieu des collectivités locales, de l’important chantier du développement local dans 15 044 zones d’ombre, où vivent 8,5 millions d’habitants, en identifiant les obstacles et les difficultés rencontrés dans la réalisation des projets où il a été relevé le manque de coordination entre les secteurs et la nécessité de déceler les caractéristiques des zones d’ombre, de définir les conditions pour bénéficier des projets de développement et identifier les projets urgents.
Territoires d’embûches, la gestion des collectivités locales continuera dans les prochains mois à susciter débats et interrogations, dans le sens où cette gestion peine à se hisser au niveau des potentialités qu’offrent pourtant certains territoires.
En dépit des budgets consacrés et la récurrence des réunions avec leurs lots de recommandations, force est de constater que les réponses adéquates aux questions soulevées de manière tout aussi répétitives ne sont pas encore apportées renvoyant ainsi l’essor local aux calendes grecques.
Pourtant, les contraintes financières sonnent plus que jamais l’urgence de faire de la collectivité un «agent économique» afin que les collectivités locales ne continuent plus à être un boulet dans la gestion des affaires publiques. <