Le procès du moudjahid Lakhdar Bouragaâ s’ouvre aujourd’hui au tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, indique le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). L’ancien chef de la Wilaya IV historique a été placé en détention préventive le 30 juin 2019 par le juge d’instruction près le même tribunal, où il avait séjourné plus de 5 mois avant d’être remis en liberté le 2 janvier dans le cadre d’instructions de la présidence de la République pour la libération de 72 détenus du Hirak.
Lakhdar Bouragaâ est poursuivi pour «participation, en temps de paix, à une entreprise de démoralisation de l’Armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale et à corps constitué», en application des articles 75 et 146 du code pénal. Lors de son audition le 22 octobre dernier par le juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs, il avait refusé de répondre aux questions, considérant que «la justice n’est pas indépendante». «Je ne reconnais pas le pouvoir qui m’a mis en prison», avait-il déclaré au juge, lui précisant qu’il ne répondrait pas aux questions du juge car «la justice n’est pas indépendante».
Par rapport à la comparution de Bouragaâ devant le juge d’audience à Bir Mourad Raïs, 15 autres ex-détenus mis en liberté le 2 janvier seront jugés, aujourd’hui, au tribunal de Sidi M’hamed. Ces derniers sont poursuivis pour «atteinte à l’unité nationale».
Alors que les audiences de jugement se poursuivent pour des inculpés dans le cadre du Hirak, des verdicts sont attendus pour d’autres. C’est le cas de Hadj Ghermoul dont le procès en appel à la Cour de Mascara attend son verdict le 25 mars. Cet ex-détenu avait été condamné en décembre dernier à une peine de 18 mois de prison ferme assortie d’une amende de 30 000 DA et de 200 000 DA de dommages et intérêts pour «diffusion de vidéos portant atteinte à l’intérêt national». Lors du procès en appel, le procureur près la Cour de Mascara a demandé l’accentuation de la sentence du verdict du tribunal. Le tribunal de Mascara a jugé 5 ex-détenus, contre lesquels le procureur de la République a requis 18 mois de prison ferme et une amende de 200 000 DA. Le verdict est attendu le 18 mars.
Pour sa part, l’ex-policier Toufik Hassani, poursuivi, pour «attroupement non armé» et «incitation à la violence contre les policiers», devait être transféré hier vers la maison d’arrêt de Chlef. Et pour cause, la Cour de justice de Chlef a émis, la veille, un mandat d’arrêt dans le cadre d’une autre affaire, indique le CNLD.