Plus de 3 quintaux de cocaïne, cachés dans 11 sacs-à-dos flottant en pleine mer, ont été découverts, vendredi à Skikda, lors d’une patrouille d’un détachement de commandos de marine. Une saisie qui confirme, encore une fois, que l’Algérie est bel et bien au cœur d’un large trafic de stupéfiants qui dépasse la région.

Le ministère de la Défense nationale a, dans un communiqué, confirmé cette prise qui ne manquera pas de relancer le débat concernant le trafic de drogue et la lutte des services de sécurité pour endiguer ce dangereux fléau intimement lié au trafic d’armes. «Dans le cadre de la lutte contre la contrebande et la criminalité organisée et suite à une patrouille près de la zone industrielle de Skikda, un détachement Commandos Marine, relevant de la Façade maritime Est (5e Région militaire), a découvert une énorme quantité de cocaïne estimée à trois quintaux et sept cent douze grammes, enfouie dans onze sacs-à-dos», est-il précisé par la même source. L’importance de la prise suscite de nouveau l’inquiétude en reposant la question des tenants et aboutissants de ce trafic de stupéfiants. Cette nouvelle prise aura vite fait de rappeler l’affaire qui a défrayé la chronique en juin dernier au niveau du port d’Oran et qui garde toujours de nombreuses zones d’ombre après avoir suscité une grande controverse. Une affaire que n’a pas manqué de rappeler le ministère de la Défense. «Cette nouvelle opération qualitative, après la précédente opération effectuée par les garde-côtes relevant de la Façade maritime Ouest, à Oran, et qui avait permis la saisie de plus de sept quintaux de cocaïne, confirme encore une fois la haute vigilance des éléments de l’Armée nationale populaire et leur détermination à déjouer toutes tentatives d’inonder notre pays par ces substances toxiques», a tenu à souligner le MDN dans son communiqué. Selon certaines informations publiées dans la presse, cette importante quantité de cocaïne a été trouvée dans 11 sacs flottant sur la mer. Une technique utilisée par les trafiquants pour déjouer la vigilance des services de sécurité et donner du temps à leurs complices de récupérer «la marchandise». Il s’agit de la deuxième plus grosse prise en Algérie touchant des drogues dures. La première tentative d’introduction concernait 701 kg de cocaïne dans des cargaisons de viandes importées du Brésil. L’homme d’affaires et promoteur immobilier Kamel Chikhi, dit le «Boucher», a été accusé d’être derrière ce trafic avec l’aide d’autres personnes à des niveaux divers. L’enquête avait éclaboussé de hauts responsables sécuritaires.
L’affaire a pris l’allure d’un scandale d’Etat qui a coûté leurs postes aux anciens patrons de la Dgsn et de la Gendarmerie nationale et mis les autorités dans l’embarras. Selon des sources, la Gendarmerie nationale a été chargée d’enquêter sur cette tentative d’introduction de la cocaïne et sur ses ramifications. n