Les programmes d’importation de produits pharmaceutiques finis ne sont signés qu’à hauteur de 20%. Ce qui signifie que 80% de ces programmes seraient toujours en attente. C’est ce qu’assurent des professionnels du secteur de l’industrie pharmaceutique.

Ces derniers relèvent que les pouvoirs publics, d’une part, se sont engagés à garantir l’approvisionnement régulier du marché du médicament et, d’autre part, les programmes d’importations ne sont pas signés à temps. «D’où la rupture en stocks de plus de 200 produits pharmaceutiques, dont certains traitent des maladies chroniques.
Les passations de commandes et la logistique prennent déjà beaucoup de temps. Si on ajoute, en plus, le retard dans la délivrance des autorisations d’importation, c’est la pénurie assurée», expliquent-ils, en précisant que ces produits en pénurie ne sont ni fabriqués localement ni en générique. Les professionnels du secteur pharmaceutique déplorent aussi l’exigence de la tutelle faite aux opérateurs, cette année, de se limiter aux quantités de produits pharmaceutiques importées l’année dernière. «Si un jeune opérateur, qui a entamé son activité en mars 2016, par exemple, en important une faible quantité pour commencer, ne peut pas importer plus cette année. Ces quantités, de plus, peuvent ne pas répondre aux besoins. Surtout en l’absence de statistiques précises sur ce dont nous avons besoin», remarquent-ils. Ils font savoir, également, que même la production locale sera touchée par une probable pénurie, et à court terme.
Et ce, en raison d’un retard dans la délivrance des programmes d’importation de matières premières et d’intrants. «Il semblerait, qu’à ce jour, seuls 20% des autorisations d’importation d’intrants de fabrication aient été délivrées aux entreprises concernées. Ce qui a provoqué des blocages au niveau de leurs unités de production. L’impact de cette situation sera visible dès le mois prochain. Nous aurons probablement des produits locaux qui seront en rupture de stock», expliquent-ils. « Ces autorisations nous bloquent plus qu’autre chose. Du moment qu’un médicament est enregistré, que son prix est fixé dès l’enregistrement, une autorisation pour importer la matière première n’est pas nécessaire», estiment-ils.