La Police de l’urbanisme et de la protection de l’environnement a du pain sur la planche au vu de l’anarchie urbanistique qui règne en maître. Dans un bilan rendu public hier, la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) présente des chiffres très alarmants et inquiétants liés aux infractions à l’urbanisme. En effet, les services de police de l’urbanisme et de protection de l’environnement (PUPE), de la Sûreté nationale, ont enregistré, depuis le début de l’année, 18 393 infractions, dont 7 533 liées à l’urbanisme et 10 860 à l’environnement. Selon la cellule de communication, les brigades de la PUPE ont constaté 10 077 infractions liées aux déchets, 237 à l’hygiène et à la salubrité publique, 126 aux eaux et 122 autres aux espaces verts. Concernant les atteintes à l’urbanisme, les mêmes services ont relevé 7 262 infractions. Par ailleurs, en 2018, ces mêmes services ont recensé pas moins de 19 288 infractions dont 11 385 liées à l’environnement et 7 903 à l’urbanisme.
D’autre part, il faut dire qu’il s’agit de gros chiffres réalisés par une présence pas aussi grande de cette police, dite de l’urbanisme et de l’environnement, et ce n’est là que la face visible de l’iceberg. Si la police de l’urbanisme veille à l’application de la loi sur l’urbanisme et la protection de l’environnement à travers les actions qu’elle exerce au niveau de toutes les wilayas du pays, en vertu de plusieurs textes juridiques et réglementaires, la dynamique n’est guère suivie ni par la justice ni par les collectivités locales. Aujourd’hui, il suffit de faire une petite virée dans les quartiers de la capitale ainsi que les villes algériennes pour se rendre compte de la défaillance quant à l’application des lois et la protection des citoyens. Surtout sur le littoral qui a été défiguré depuis les années 1990. Sans oublier, les détritus qui s’accumulent un peu partout. La situation s’aggrave quotidiennement et prend des proportions alarmantes.
D’ailleurs, pour plus d’efficacité, le ministre de l’Intérieur a annoncé avant-hier, la création de «la spécialité protection de l’environnement » relevant directement « de la police judiciaire». «Le gouvernement a pris récemment une série de décisions relatives à la protection de l’environnement, lesquelles doivent être accompagnées d’actions anticipatives et préventives, menées par les autorités publiques, en premier lieu la police, en vue de dissuader toute personne qui tenterait de porter atteinte à l’environnement ou à la santé du citoyen», a-t-il précisé.