Le ministre de l’Intérieur Kamel Beldjoud a révélé que « plus de 120 000 demandes de logement à travers le territoire national appartiennent à des souscripteurs décédés ». Un chiffre qui laisse songeur sur la réalité pas toujours bonne à voir de ce secteur sensible qui touche la majorité des Algériens. Une révélation qui en dit long sur les dérives concernant le logement qui engloutit une grande partie du budget de l’Etat sans pouvoir répondre à la demande toujours importante des citoyens. Lors de la rencontre gouvernement-walis, le ministre s’est dit « surpris » des chiffres concernant les demandes de logement à travers le pays, affirmant que l’examen du dossier au niveau de 1 541 communes a fait état de multiples irrégularités, dont outre des souscripteurs décédés, un important nombre de demandes doubles. Le ministre a demandé aux responsables et élus locaux « d’occuper le terrain » pour s’enquérir de près de la demande de logement et de la situation de vie des citoyens en général.
Le logement constitue un secteur sensible subissant une demande permanente malgré les différents programmes mis en place durant la dernière décennie.
Le Président Abdelmadjid Tebboune a demandé d’ailleurs aux responsables locaux de sortir sur le terrain pour avoir une idée claire sur le territoire dont ils gèrent les affaires et suivre les préoccupations des citoyens au quotidien, comme pour leur signifier que la situation du secteur ne saurait rester en l’état. Les responsables locaux « peuvent faire de grandes choses qui auront un impact positif sur la vie du citoyen et à un coût financier moindre », a-t-il souligné, en relevant l’impératif « de rétablir la confiance du citoyen » et d’exploiter « tous les projets gelés ou ceux réalisés mais abandonnés ». Tebboune a ordonné l’unification du fichier national de logement pour englober les différentes formules en vue de parvenir à « une distribution équitable ». Tebboune a appelé à « un retour à la transparence dans les listes de logements à afficher », ordonnant « l’unification du Fichier toutes formules confondues, y compris le logement rural et le promotionnel aidé afin d’identifier les bénéficiaires ». La distribution reste, en effet, l’un des points sensibles du secteur du logement. Souvent cette phase importante du processus se déroule dans une tension extrême tant les soupçons sur son déroulement restent de mise. « La résolution du problème de distribution de logements, qui pousse, à chaque fois, les citoyens à la contestation en bloquant les routes, réside dans la transparence, l’adoption d’un fichier national de logement et la prise en charge des doléances soumises par les non-bénéficiaires », a affirmé Tebboune, soulignant qu’il faut « bannir le favoritisme dans la distribution de logements ». Dans son discours, Tebboune révèlera dans ce sens la découverte durant les années précédentes à Alger de 16 800 certificats de résidence falsifiés, vendus 1 500 DA à des personnes habitant dans d’autres wilayas, qualifiant ces pratiques de « plus graves que la corruption ».
Le Plan d’action du gouvernement, qui annonce vouloir garantir « l’accès du citoyen à un logement décent », à travers le lancement d’un nouveau programme d’un million de logements et la réception d’un million et demi d’unités à l’horizon 2024, est plus que jamais appelé à remettre de l’ordre dans un secteur en mal d’agencement.