Le groupe parlementaire du FFS à l’APN devrait, aujourd’hui, voter contre le projet de loi de finances 2019. Quelle que soit la formule qu’il adoptera (voter non ou boycotter la séance plénière), la déclaration signée hier par le chef du groupe, le député Saddek Slimani, indique, en effet, que la feuille de route économique et financière du gouvernement pour 2019 n’aura pas les faveurs des députés du « Front ».

Cette déclaration des députés du FFS se présente comme la conclusion de la réunion de travail qu’ils ont eue au siège de leur parti, le mardi 18 novembre. L’ensemble de son contenu est une charge contre le PLF 2019 et, en particulier, la manière dont il a été présenté à l’Assemblée.
Pour les représentants du FFS à l’APN, le PLF 2019 a été présenté «d’une façon expéditive, sans aucun bilan de gestion annuelle du budget de l’Etat». Les ajustements budgétaires qu’il contient ont été « opérés» de manière à «échapper complètement au contrôle parlementaire».
Les députés FFS rappellent que le texte de loi «devrait être examiné après la présentation de la Déclaration de politique générale du gouvernement et du rapport annuel de la Banque d’Algérie». Ils estiment qu’il «ne contient aucune mesure concrète pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscales, la réduction du train de vie de l’Etat et la rationalisation des dépenses publiques, les déséquilibres dans la répartition du budget».
D’après eux, l’Exécutif avantage «le fonctionnement au détriment de l’équipement» sans «aucune volonté politique de lutter contre la corruption et l’informel». Ils considèrent que «l’objectif recherché derrière le battage médiatique autour du maintien des transferts sociaux et la non-introduction de nouvelles taxes est purement électoraliste et vise à acheter la paix sociale».
Pour eux, le gouvernement n’a pas de stratégie économique et financière «à court et à long termes». Ils l’accusent d’organiser la «faillite» de la Caisse nationale de retraite (CNR), «obligée de contracter des prêts auprès du Fonds national d’investissement (FNI)». Le PLF 2019, considèrent-ils, «maintient encore la gestion opaque des comptes d’affectation spéciale (CAS), en violation des recommandations de la Cour des comptes et des réserves émises par le Conseil constitutionnel dans son avis relatif au contrôle de conformité de la loi organique relative aux lois de finances, à la Constitution, publié le 2 septembre 2018». «L’analyse sérieuse du PLF 2019 montre qu’il y a absence de volonté politique pour respecter le principe d’équité sociale et la préservation des acquis sociaux des Algériens et le long chemin qui reste à parcourir pour instaurer un Etat de droit», ajoutent les parlementaires FFS dans leur déclaration. Sur un autre plan, ils affirment suivre «avec inquiétude les arrestations et condamnations arbitraires des journalistes et des militants des droits de l’Homme» et expriment leur «solidarité avec le camarade Litim El Hachemi, condamné arbitrairement à une année de prison ferme par la cour de Laghouat». Ils «saluent l’initiative prise par les syndicats autonomes de se constituer en confédération des syndicats autonomes» et font part de «leur disponibilité à accompagner leur combat».