Les organisations patronales insistent de nouveau sur l’octroi, dans des délais rapides, de crédits d’exploitation garantis par l’Etat aux entreprises pour qu’elles puissent faire face à leurs difficultés de trésorerie et empêcher ainsi l’arrêt de leur activité.
Beaucoup d’entreprises et des centaines de milliers de travailleurs impactés par les effets de la Covid-19 attendent que la tripartite des 18 et 19 août prochain valide le plan de sauvegarde des entreprises. Ils espèrent que le gouvernement adopte dans les prochains jours ce programme établi par consensus avec le patronat et les syndicats afin qu’il puisse être appliqué très rapidement. Ce plan de sauvegarde constitue actuellement l’urgence des urgences. En ce sens, une source sûre proche de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), l’une des principales organisations patronales privées, avertit que si l’Etat ne met pas rapidement la main à la poche pour aider les entreprises en difficultés, ce sera l’hécatombe au sein des entreprises avec comme perspective l’aggravation du chômage et un climat social très délétère à l’automne prochain. Beaucoup d’entreprises sont très affectées, plus particulièrement dans les filières BTPH, tourisme, transport, services, TIC et communication, ajoute-t-elle. Elles étaient déjà fragilisées, conséquence de la chute des prix de pétrole de 2014 et les effets du Hirak sur l’activité économique. Leurs difficultés se sont aggravées avec la pandémie Covid-19. La même source souligne que la CAPC proposera des aides directes aux entreprises comme cela s’est fait en Europe et aux Etats-Unis, à savoir l’octroi de crédits d’exploitation aux entreprises affectées garantis par l’Etat. La deuxième proposition consiste à rendre plus fluide le fonctionnement de l’économie, c’est-à-dire rendre souples en particulier les procédures d’octroi des aides et des facilitations afin qu’elles soient appliquées dans des délais rapides. La troisième proposition de ce patronat est la récupération de l’argent de l’informel à travers différents canaux, notamment la finance islamique et une approche intelligente en vue de ramener l’informel au formel. «Il n’est pas normal, ajoute la même source, qu’une partie des contribuables paie ses impôts et qu’une autre partie dans l’informel ne paie rien et bénéficie gratuitement des services ou prestations payés par l’argent des contribuables comme les routes». Care, le centre de réflexion qui regroupe des patrons de nombre d’entreprises, insiste, lui, comme la CAPC, sur les crédits d’exploitation garantis par l’Etat à accorder aux entreprises en difficultés. Il suggère d’affecter une enveloppe globale de 250 milliards de dinars au titre de ces crédits d’exploitation accordés pour faire face aux difficultés ou aux besoins de trésorerie des entreprises. Care suggère que ces prêts soient accordés à taux bonifiés ou sans intérêt. Pour que les aides de l’Etat aux démunis et aux travailleurs sans ressources soient consentis dans des délais rapides. Le think-tank préconise également une solution monétique, le mobi paiement, c’est-à-dire le paiement via le mobile. Quant à la Confédération algérienne du patronat (CAP), M. M’Rakach, son président, a affirmé que son association proposera de revoir de fond en comble la fiscalité. «La fiscalité doit être juste, transparente et orientée vers la consolidation de la rentabilité de l’entreprise». La CAP préconise également la lutte contre la bureaucratie qui est en train de tuer l’économie. Elle propose également une structure d’exécution des mesures du plan de sauvegarde regroupant des représentants des partenaires sociaux, du patronat et du gouvernement pour assurer la mise en oeuvre rapide de ces décisions. Quant à l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), elle propose outre l’effacement des charges fiscales pendant six mois après la fin du confinement, l’octroi de crédits sans intérêt entre 50 et 200 millions de centimes aux commerçants et artisans.
«Pour une allocation exceptionnelle de chômage aux salariés des entreprises à l’arrêt»
Les experts, eux, préconisent l’institution d’un filet social pour les sans-emploi à cause des effets de la pandémie Covid-19. Ce dispositif est conçu pour éviter que les chômeurs qui ont vu leur entreprise fermer en raison des conséquences de l’épidémie se retrouvent sans ressources. L’expert, membre de Care, Mahrez Aït Belkacem propose de façon plus précise que la Caisse nationale d’assurance chômage (Cnac) qui détient une trésorerie de 300 milliards de dinars puisse attribuer à travers un dispositif de la Caisse au profit du personnel libéral (qui ont dû fermer leur cabinet) ou de salarié d’entreprise à l’arrêt une allocation exceptionnelle de chômage. Quant au financement de ce plan de sauvegarde, le comité mis en place regroupant des représentants du patronat, des syndicats et du gouvernement pour plancher sur ce plan de sauvegarde, préconise le recours aux ressources monétaires internes ou aux financements extérieurs. Quant à Care, il suggère le recours à la planche à billets, mais utilisé de façon rationnelle de manière à ce que cet argent injecté par la Banque d’Algérie puisse conduire véritablement à un véritable redémarrage de l’économie nationale. n