Lors du dernier Conseil des ministres tenu, dimanche, et intervenant une semaine après l’organisation de la Conférence nationale sur le plan de relance pour une économie nouvelle, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a aussitôt exigé de son gouvernement le passage aux travaux pratiques pour répondre aux grands défis auxquels est confrontée l’économie nationale, en traduisant les mesures contenues dans le plan de relance en actes censés accélérer la sortie de crise et réduire son coût social.

Le Président Tebboune a ordonné au gouvernement, sous la supervision du Premier ministre, de veiller à la mise en œuvre sur le terrain des décisions et recommandations de la Conférence nationale de relance socioéconomique, tenue les 18 et 19 août, afin qu’elles «ne restent pas de simples écrits». Alors que les dispositions contenues dans le Plan de relance ont été saluées par les partenaires sociaux du gouvernement, le chef de l’Etat a laissé entendre, dimanche, lors du Conseil des ministres, que tout l’enjeu résidait dans l’application des mesures et des recommandations retenues dans le Plan de relance socioéconomique, qui a fait l’objet, il y a une semaine, faut-il le rappeler, d’une Conférence nationale, regroupant les membres de l’Exécutif, les organisations patronales et la centrale syndicale.
Mille neuf cents milliards de dinars et une douzaine de milliards de dollars y seront injectés. Le Plan de relance comprend des volets liés à la facilitation de l’accès au crédit, l’allègement de la pression fiscale sur les entreprises fragilisées par la crise sanitaire, la débureaucratisation de l’acte d’investir… C’est dire que la crise de la Covid-19 a renforcé l’urgence de la diversification de l’économie par l’entreprise ainsi que la nécessité de faire repartir la croissance dans les meilleurs délais. Reste que l’enjeu de la concrétisation de ce Plan de relance reste entier, surtout lorsqu’on sait que l’administration économique, s’érigeant souvent en écueil plutôt qu’en facilitateur, est en première ligne de ce chantier de concrétisation dudit plan. C’est pourquoi, le Président Tebboune a insisté, dimanche, lors de la réunion du Conseil des ministres, sur le suivi de la mise en œuvre du Plan de relance, mettant en avant l’impératif d’une évaluation périodique de l’application des mesures arrêtées. Le chef de l’Etat a ainsi chargé le Conseil national économique et social (Cnes) d’assurer le rôle de médiateur entre le Gouvernement et les opérateurs économiques, en s’érigeant en cellule de veille pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations de la Conférence nationale sur la relance socioéconomique. Le Président Tebboune a ordonné au gouvernement, sous la supervision du Premier ministre, de veiller à la mise en œuvre sur le terrain des décisions et recommandations de la Conférence nationale de relance socioéconomique, tenue les 18 et 19 août, afin qu’elles «ne restent pas de simples écrits», soulignant que «le sort du pays est tributaire de la concrétisation de la nouvelle approche économique». Il a demandé à la même occasion qu’une évaluation périodique de l’état d’exécution dudit plan soit faite par le gouvernement, exigeant de son gouvernement de présenter au Conseil des ministres, en l’espace d’un mois, une évaluation préliminaire de l’application de ces décisions et recommandations et de lier la réalisation de chaque projet à un délai préalablement défini. Il a également chargé les ministres des Finances, du Commerce et de l’Industrie d’identifier la nature du guichet unique (dont la création a été décidée au profit des investisseurs), ses missions et sa géolocalisation pour être opérationnel dans trois mois au plus tard et ne s’occuper que des grands investissements. L’ampleur de la crise met en évidence la nécessité d’agir vite et faire de l’application des mesures de relance un défi capital afin d’accélérer la sortie de crise et limiter son coût social et économique. La mise en œuvre du Plan de relance reste, qu’on le veuille ou non, à l’épreuve d’une administration économique s’érigeant souvent en obstacle à l’acte d’investir et d’entreprendre.
Passée le grand show autour du Plan de relance qui aura ainsi marqué la rentrée du gouvernement, place maintenant à la concrétisation des réformes promises qui, si elles venaient à subir le même sort que le «nouveau modèle de croissance» de Sellal, pourtant concocté par des économistes, la crise ne fera que s’aggraver. Et pour que le Plan de relance ne subisse pas le même sort que le fameux «nouveau modèle de croissance», il était temps que l’administration économique change de visage et de mode de fonctionnement. Il y va de la réussite de la stratégie de débureaucratisation de l’investissement, sa facilitation ainsi que cette nouvelle orientation économique qui semble donner la part à la diversification par l’entreprise. n