Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, s’est montré, dimanche, confiant quant à la concrétisation du plan de relance socio-économique, examiné il y a de cela une semaine en Conseil des ministres. Alors que les économistes se montraient sceptiques quant à la marge de manœuvre dont dispose le gouvernement pour traverser cette zone de turbulences, née de la rechute des cours du brut sur le marché mondial, le président de la République rassurait, dimanche soir, lors d’une interview accordée à certains médias, quant à la disponibilité des capacités financières permettant la mise en œuvre du plan de relance de l’économie nationale.

«Les 60 milliards de dollars de réserves de change sont suffisants pour une relance, sachant que d’autres pays sont contraints d’emprunter quelques milliards auprès des institutions internationales», a déclaré le chef de l’Etat, soulignant qu’en plus du matelas en devises stockées dans les banques souveraines occidentales, quelque 25 milliards de dollars de recettes d’hydrocarbures sont prévues cette année, auxquels s’ajoutent 25 milliards de dollars de revenus du secteur de l’agriculture. Abdelmadjid Tebboune a tenté dans la même foulée de donner des gages quant à l’impératif de rompre avec les stratégies du passé bâties exclusivement sur la rentre pétrolière, assurant que l’objectif du nouveau plan de relance était de réduire à 20% la contribution des hydrocarbures au PIB national. D’après le président Tebboune, ce plan consacrera une nouvelle vision de l’économie nationale, longtemps basée sur la rente pétrolière et le commerce, reposant sur l’industrie et la création de nouvelles richesses alternatives, relevant, dans ce cadre, que l’objectif escompté était la réduction à 20% de la contribution du secteur des hydrocarbures à l’économie nationale entre la fin de l’année en cours et 2021. Plutôt que perpétuer le poids écrasant de la contribution des hydrocarbures au PIB, le président propose de nouvelles alternatives à travers un PIB enrichi davantage par l’apport du secteur agricole et les mines. Il a souligné à la même occasion que les efforts de l’Etat seront principalement focalisés sur la création d’un tissu fort de petites et moyennes entreprises (PME) sous-tendu par un tissu de startups innovantes et de micro-entreprises, précisant que ce tissu sera la locomotive de l’économie nationale à l’avenir.

L’heure des réformes a sonné
A une question sur les parties étrangères pouvant contribuer à la mise en œuvre du nouveau plan économique, le chef de l’Etat a affirmé qu’il existait plusieurs pays amis économiquement solides qui pourraient accompagner les Algériens dans l’exécution de la nouvelle stratégie économique. Le président Tebboune a tenu à réitérer son refus catégorique de recourir à l’endettement extérieur ou au financement non conventionnel, ceci, a-t-il dit, n’empêche pas la participation de pays amis à des projets économiques en Algérie. Selon le chef de l’Etat, le plan de relance sera concrétisé simultanément avec la mise en place d’une batterie de réformes économiques et budgétaires, dont certains changements seront annoncés lors de la réunion du mois d’août prochain, explique Abdelmadjid Tebboune. Certaines réformes devraient être immédiate, alors que d’autres sont de moyen et long termes, à en croire le chef de l’Etat. Ces questions «fondamentales et décisives pour la nation ne devraient pas être liées à une personne», a-t-il ajouté. Le Président Tebboune a exprimé le vœu de voir le Plan de relance de l’économie nationale, qui sera annoncé lors de la réunion prévue les 16 et 17 août prochain, «faire l’objet d’une unanimité ou du moins une quasi-unanimité». Entre autres réformes annoncées, il sera question, selon Abdelmadjid Tebboune, de réviser le cadre législatif régissant l’économie, en vue d’assainir le climat économique et opérer une rupture avec les pratiques du passé. Sur sa lancée, il a indiqué que l’un des objectifs de cette réforme était de lutter contre la corruption et d’accélérer le développement des régions défavorisées. «L’appui de secteurs tels que l’agriculture et les startups, parallèlement à la limitation de l’importation anarchique contribuent à la réalisation de la diversification économique escomptée», a soutenu le Président de la République. Le succès de cette démarche dépend, d’après lui, de l’existence d’une «réelle volonté et d’une bonne foi pour opérer le changement du modèle économique», plaidant, en outre, pour la moralisation de la vie économique. n