Par Arezki Ighemat*
Initié par une instruction du Président de la République lors du Conseil des Ministres du 26 juin 2020, préparé par les services spécialisés du Ministère Délégué auprès du Premier Ministre chargé de la Prospective et débattu par la CNPRE (Conférence Nationale sur le Plan de Relance Economique) réunissant, les 18 et 19 Août 2020, les syndicats, les administrations, les secteurs ministériels, les organisations patronales, la société civile et des experts du monde académique, le Plan de Relance Economique a été élaboré pour la période moyenne 2020-2024. Comme son nom l’indique, ce plan a pour objectif ultime la remise en marche de l’économie nationale qui a subi un choc sanitaire sans précédent 1suite à la pandémie de Covid19 et un choc économique des plus graves dû à la chute drastique du prix du pétrole de janvier 2020. Ce plan, qui pour la première fois peut-être dans l’histoire économique algérienne, se veut pédagogique sur le côté conceptuel et méthodologique grâce à l’effort de définition des concepts et de la méthodologie utilisés, procède d’une logique analytique qui aurait dû déboucher sur une image globale et chiffrée de l’économie algérienne à l’horizon 2024. En effet, le Plan commence très logiquement et méthodiquement par faire un état des lieux quasi exhaustif de la situation économique au cours de la décennie 2009-2019, incluant les effets de la pandémie du Covid19 et de la chute du prix du pétrole de 2020. Il aborde ensuite la période du plan (2020-2024) en énonçant les objectifs et en indiquant les données macroéconomiques qui ont servi de base à son élaboration, pour terminer par le lancement de trois études devant porter sur la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique et le capital humain, trois domaines considérés, à raison, il faut le souligner, comme stratégiques pour l’avenir du pays. Etant donnée cette logique méthodologique et le travail de définition des concepts utilisés, on s’attendrait à ce que les promoteurs du plan de relance établissent une projection quantitative quasi détaillée de la situation économique de l’Algérie pour la période planifiée 2020-2024. Cependant, lorsqu’on analyse attentivement le Plan de Relance, on se rend compte que les chiffres, les tableaux et graphes indiqués dans le plan—qui, il faut le dire, sont nombreux et bien élaborés—ne concernent que la situation économique passée de l’Algérie en 2009-2019 et non la période qu’il est censé couvrir (2020-2024). Il y a quelques chiffres qui sont donnés pour la période 2020-2024, mais ils sont presque insignifiants. Pour appuyer cette argumentation, nous passerons donc en revue, dans le présent article, le Plan de Relance, examinant successivement ses différents éléments, à savoir : (1) le contexte et l’état des lieux, (2) les principes directeurs et les objectifs du Plan, (3) Les autres déterminants du Plan de Relance. Nous terminerons par une conclusion.
Le contexte et l’état
des lieux
Dans cette partie du plan, ses promoteurs analysent de façon quasi exhaustive et méthodique deux aspects qui expliquent la récession économique qui frappe le pays depuis une décennie et qui s’est aggravée en 2019 : la situation économique prévalant jusqu’en 2019 d’une part, et les effets combinés de la pandémie du Covid19 et de la chute des prix du pétrole de 2020, d’autre part.
S’agissant de la situation économique depuis 2009 jusqu’en 2019, le Plan de Relance souligne la trop grande dépendance de l’économie algérienne par rapport aux hydrocarbures. En effet, ce dernier secteur représentait 93% du budget de l’Etat en 2019 alors qu’il ne représentait que 59% en 2009. Ce secteur comptait aussi pour 98% des exportations en 2019. Le résultat est que l’Algérie est toujours malade du «Dutch Disease» ou encore de ce qu’on appelle la «malédiction des ressources naturelles». La part de l’industrie dans la valeur ajoutée nationale (VAN) était de 6,2% seulement en 2009, alors que celle des hydrocarbures était de 21,21%. Cette malédiction, l’Algérie en a fait les frais à la suite des trois chocs pétroliers de 2008, 2014 et 2020. Si l’Algérie a pu résister aux deux premiers chocs (2008 et 2014), c’était grâce au Fonds de Régulation des Recettes (FRR) qui avait atteint son pic en 2013 (194 milliards de $). Cependant, depuis 2014, ce fonds a commencé à s’assécher jusqu’à atteindre un niveau de recettes de 63 milliards de $ en 2019. A la suite de ce constat, les promoteurs du Plan analysent la situation dans les secteurs hors hydrocarbures. Ils soulignent, en particulier, la faible contribution du secteur industriel à l’économie nationale. Avec une valeur ajoutée de 5,9% (soit 930 milliards de DA), l’industrie ne contribue que faiblement à la croissance du PIB. Par ailleurs, environ 50% de la valeur ajoutée industrielle est réalisée par le secteur public, montrant ainsi la faible contribution du secteur privé à l’économie nationale. Le Plan analyse ensuite la situation des entreprises algériennes. Le constat dans ce domaine est triple : les entreprises sont très peu compétitives, exportent très peu et sont dominées par le secteur public. Le Plan passe ensuite en revue la situation sur le plan social, notamment en matière d’emploi. Il note le chômage élevé, notamment chez les jeunes, les femmes et les diplômés. Le chômage des femmes (20,4% en 2019) est supérieur à celui des hommes (9,1% en 2019) ; le chômage des jeunes est de 20,9% en 2019) ; le chômage des intellectuels en 2019 est de 18% pour les diplômés de l’enseignement supérieur et 13,5% pour les diplômés de la formation professionnelle. Le Plan souligne aussi que le chômage n’a pas baissé substantiellement en dépit de tous les dispositifs de soutien à l’emploi mis en œuvre par le gouvernement : ANSEJ, CNAC, ANGEM, OPAP (Organisme privés Agréés de Placement), DAIP (Dispositifs d’Appui à l’Insertion Professionnelle), CNAC (Caisse Nationale d’Assurance-Chômage), TUP-HIMO (Travaux d’Utilité Publique à Haute Intensité de Main-d’œuvre), Blanche-Algérie, DID (Dispositif d’Insertion Sociale), DAIS (Dispositif d’Activité d’Insertion Sociale). Le Plan analyse également les données dans le domaine des finances publiques. La baisse des prix du pétrole a eu des effets désastreux sur les finances publiques. Le résultat est un déficit de -1 417 milliards de DA en 2020 alors qu’il n’était que de -694 milliards de DA en 2017. Le Fonds de Régulation des Recettes (FRR), qui servait à éponger ce déficit, a vu son montant se réduire drastiquement, ce qui a obligé le gouvernement à recourir à d’autres sources de financement (réduction des dépenses budgétaires, notamment de fonctionnement, augmentation des recettes fiscales non pétrolières.
S’agissant des effets du Covid19 sur l’économie, les promoteurs du Plan de Relance font une analyse globale et une analyse de ces effets par secteurs d’activités. Tout d’abord, l’impact a été très fort sur la croissance économique qui est passée d’un taux de +3,3% en 2017 à un taux négatif de -6,4% en 2020. Du fait de la baisse (voire de l’arrêt) de l’activité de plusieurs entreprises, la balance commerciale a vu son déficit augmenter, passant de -6,1 milliards de $ en 2019 à -10,5 milliards de $ en 2020, soit une augmentation de 73%. La pandémie a eu aussi des effets sur la production d’hydrocarbures. La production et les exportations ont, en effet, diminué de façon substantielle au moment où la consommation intérieure a augmenté. Covid19 a eu aussi des conséquences sur l’emploi qui a chuté à la suite des mesures de confinement adoptées par le gouvernement en 2020. Entre 2019 et 2020, les offres d’emplois ont baissé de 39% et les demandes d’emplois de 30%. Les entreprises qui ont fermé définitivement ou temporairement leurs portes en 2020 sont estimées à près de 3 000, soit environ 82% du total des entreprises.
Face aux effets du choc pétrolier et de la pandémie du Covid19, le gouvernement avais pris un certain nombre de mesures d’ordre sanitaire, social et économique. Sur le plan sanitaire, le gouvernement a fermé les frontières (terrestres, maritimes et aériennes), les écoles, les universités et autres institutions de formation. Parallèlement, les associations civiles ont contribué à la fabrication de certains produits (masques, respirateurs, produits hygiéniques) et offert des services (désinfection des facilités de santé, préparation de repas pour le personnel médical, hébergement des médecins dans des hôtels). L’Etat a aussi offert aux travailleurs de la santé des subventions et autres avantages sociaux afin de les encourager à offrir leurs services aux personnes affectées par Covid19. L’Etat a pris aussi des mesures protectrices et préventives dans le cadre du confinement instauré dans la plupart des régions du pays et a autorisé les laboratoires d’analyse à offrir des tests Covid19. Sur le plan social, le gouvernement a pris un certain nombre de dispositions telles que l’exonération de l’IRG pour les salaires de moins de 30 000 DA, l’augmentation du SMIG de 18 800 à 20 000 DA, a offert une indemnité de 10 000 DA aux plus démunis, a mis en congé exceptionnel avec rémunération à 50% des fonctionnaires de la fonction publique, a distribué une indemnité de 30 000 DA pour les professionnels les plus impactés par Covid19, notamment les artisans, commerçants. L’Etat a aussi adopté des mesures d’ordre économique : soutien aux travailleurs des secteurs affectés par la pandémie, soutien au pouvoir d’achat, allègement des prêts bancaires, avantages aux investisseurs, etc.
Les principes directeurs et les objectifs du Plan de Relance Economique
Organisée en 11 ateliers—développement agricole, développement industriel, développement minier, facilitation des investissements, microentreprises et start-ups, développement des secteurs de soutien, maîtrise du commerce extérieur, industrie pharmaceutique, BTPH, développement des ressources énergétiques)—la Conférence Nationale sur la Relance Economique (CNRE), réunie les 18 et 19 Août 2020, a fixé un certain nombre de principes directeurs et d’objectifs pour la période 2020-2024. Le Plan a aussi défini un certain nombre de nouveaux leviers de la croissance économique. Le troisième volet du Plan concerne les facteurs de succès de la relance. En quatrième lieu, le Plan a proposé les méthodes de financement de la relance. Le Plan termine par proposer le lancement de trois études considérées comme stratégiques pour la relance : la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, et le capital humain.
Quels sont les principes directeurs et les objectifs du Plan ? Les principes fondamentaux du Plan tels que rappelés par l’ex-Premier ministre, Abdelaziz Djerad, sont au nombre de sept : (1) renforcement de l’Etat de Droit (primauté de la loi), (2) renforcement des institutions (renforcement des capacités de l’Etat), (3) concrétisation de l’égalité des chances (égalité sociale), (4) participation de la société civile à l’élaboration des politiques (inclusivité), (5) soutenabilité des projets, programmes et réformes, (6) amélioration du niveau de l’enseignement (amélioration du capital humain), et (7) renforcement du secteur privé et des institutions de la société civile. Le Premier ministre a aussi déterminé les orientations du gouvernement pour la période 2020-2024, au nombre de treize : (1) diversification de l’économie, (2) maîtrise du cadrage du commerce extérieur, (3) valorisation des ressources naturelles, notamment minières, (4) substitution des produits importés par des produits fabriqués localement, (5) promotion des PME et des microentreprises, (6) valorisation des potentialités humaines, notamment celles se trouvant à l’étranger, (7) révision de la règle 49/51 concernant les «joint-ventures», (8) l’abrogation du droit de préemption et son remplacement par l’autorisation préalable du gouvernement, (9) suppression de l’obligation du recours au financement local pour les investisseurs étrangers, (10) annulation du régime préférentiel d’importation, (11) protection de l’écosystème et développement de l’économie de la connaissance et des start-ups, (12) réformer le système fiscal, (13) libérer le foncier, notamment industriel, pour faciliter l’investissement.
Dans le domaine particulier de la diversification de l’économie, le Premier Ministre a déterminé le cadre règlementaire dans lequel celle-ci doit s’inscrire et qui comprend dix mesures : (1) créer un système de stimulants pour accroître le taux d’intégration de l’économie nationale, notamment par l’industrie du montage, (2) étendre la sous-traitance par des mesures incitatives aux PME et PMI, (3) garantir la transparence de l’acte d’investissement, (4) faciliter la création d’entreprises par les investisseurs, (5) lutte contre la bureaucratie sous toutes ses formes, (6) accélérer la transition énergétique et écologique ainsi que la digitalisation de l’économie, (7) accorder une attention particulière à l’agriculture et à l’industrie agroalimentaire et aux industries pharmaceutiques et aux ressources halieutiques, (8) développer toutes les régions du pays pour réduire les disparités régionales, (10) engager un dialogue social et responsable avec les partenaires sociaux afin d’assurer leur participation effective à la relance.
Les autres aspects déterminants du Plan de Relance Economique
Plusieurs autres volets sont également abordés dans le Plan de Relance : (1) les nouveaux leviers de la croissance, (2) les facteurs de réussite de la relance, (3) les modes de financement du Plan, (4) le PPP5(Partenariat «Public-Privé, (5) les projections pour 2020-2024, (6) les trois études à lancer pour appuyer la relance (la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, le capital humain).
S’agissant des nouveaux leviers de la croissance, le Plan cite : l’entrepreneuriat, le développement Industriel comme facteur structurant des chaînes de valeurs, l’agriculture comme garant de la sécurité alimentaire, l’énergie (dans le cadre de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables), la valorisation du secteur des mines, la numérisation et la digitalisation de l’économie, l’industrie pharmaceutique, le BTPH, et l’encouragement des IDE.
Concernant des facteurs de succès de la relance économique, le Plan souligne l’importance qui doit être accordée aux domaines suivants : l’innovation et l’économie de la connaissance, l’amélioration du climat des investissements, la lutte contre la corruption, la simplification des procédures administratives, l’augmentation de l’offre foncière, la réforme du système bancaire et financier, l’amélioration de la gouvernance économique, la restructuration et la modernisation du secteur public marchand.
Pour ce qui est des modes de financement de la relance économique, le Plan en envisage quatre : (1) le financement budgétaire, (2) le financement monétaire, (3) la création de banques de développement sectorielles, et (4) le PPP (Partenariat «Public/Privé»). Concernant le volet budgétaire, le Plan propose tout un programme d’investissements dans l’infrastructure économique et administrative, l’habitat, les programmes communaux de développement, l’éducation et la formation, l’agriculture, l’hydraulique et les infrastructures socio-culturelles. Pour ce qui est du volet monétaire, et compte tenu de la raréfaction des ressources financières due à la chute des prix du pétrole de 2020 et à l’épuisement du Fonds de Régulation des Recettes (FRR), l’Etat compte recourir à la planche à billets comme alternative à l’endettement extérieur. Pour ce qui est de la création des banques de développement, l’Etat considère, entre autres, l’établissement d’une Banque de Développement de l’Habitat et d’une Banque de Développement Agricole.
S’agissant du PPP (Partenariat «Public/Privé»), l’Etat table sur le renforcement du partenariat entre les entreprises publiques et les entreprises privées, y compris la création de «joint-ventures» entre les entreprises algériennes et étrangères. Le Plan souligne, en effet, la faiblesse des relations entre les secteurs public et privé et le poids dominant du secteur public dans l’économie. Ce partenariat est aussi vu comme une alternative à l’endettement extérieur.
Le cinquième volet du Plan de Relance, qui s’intitule «Perspectives des principaux indicateurs macroéconomiques», est pratiquement le seul où le Plan donne un nombre très limité de données chiffrées pour la période 2020-2024. En effet, les seules données quantifiées indiquées pour la période planifiée 2020-2024 sont celles relatives au taux de croissance économique qui passerait de 4,30% en 2020 à 3,84% en 2025 et celle concernant le taux d’inflation qui passerait de 1,95% en 2019 à 4,59% en 2023.
Le sixième et dernier volet du Plan concerne le lancement, au cours de la période 2020-2024, de trois études considérées par le gouvernement comme stratégiques. Il s’agit d’une étude sur la sécurité alimentaire, une étude sur la sécurité énergétique, et une étude sur le capital humain. L’étude sur la sécurité alimentaire porterait sur la valorisation des productions agricoles et leur transformation par le biais de l’industrie agroalimentaire, leur conservation par les circuits de stockage et les opportunités d’exportation de ces productions. L’étude sur la sécurité énergétique viserait à assurer un approvisionnement énergétique continu à long terme et à un coût financier et environnemental acceptable. Cette étude est dictée, selon les promoteurs du Plan, par le changement climatique et la raréfaction des ressources non renouvelables (hydrocarbures) et permettrait une «transition énergétique», et par suite, une «transition économique et écologique». Cette étude couvrirait trois aspects : la production d’énergie, le modèle de consommation énergétique et la valorisation des ressources énergétiques. La troisième étude porterait sur le capital humain et la jeunesse. La prémisse est que pour que les citoyens participent productivement au développement, il faut qu’ils aient une bonne santé et une éducation de qualité. L’autre argument est que si l’Algérie veut être au diapason du 21è siècle, elle doit anticiper sur les métiers et les qualifications du futur. Cependant, le problème n’est pas tant le manque de ressources humaines qualifiées—l’Algérie a investi des sommes importantes en dinars et en devises pour former des hordes entières de cadres de haut niveau—mais plutôt la fuite de ces cerveaux vers les pays avancés. Le résultat est que ce sont ces derniers qui en bénéficient, laissant le pays qui les a formées dans l’incapacité de prendre son envol.
Conclusion
Nous avons vu que le Plan de Relance Economique 2020-2024, élaboré par le gouvernement de l’ex-Premier ministre Abdelaziz Djerad, est très ambitieux dans ses objectifs et dans les dispositions qu’il envisage de prendre pour redynamiser l’économie nationale à moyen terme. Par ailleurs, comme nous l’avons souligné au début de cet article, pour la première fois peut-être dans l’histoire de la planification algérienne, le gouvernement a fait un effort pédagogique louable consistant à définir les concepts et la méthodologie utilisés dans le cadre du Plan, ce qui rend sa lecture et sa compréhension relativement aisées, même pour les non-initiés à la théorie économique. Par ailleurs, de nombreux tableaux et graphes ont été utilisés pour illustrer les arguments et donner une mesure de l’état dans lequel se trouve l’économie algérienne aujourd’hui en s’appuyant sur les données de la décennie passée (2009-2019). Cependant, en dépit du fait que ce document ait été élaboré par un ministère technique aussi spécialisé dans les projections économiques que le Ministère Délégué chargé de la Prospective et qu’il ait été débattu par la CNPRE (Conférence Nationale sur le Plan de Relance)—qui regroupe la majeure partie des partenaires économiques, sociaux et académiques–, le Plan est pratiquement dépourvu de prévisions pour la période qu’il est censé couvrir : 2020-2024. En effet, tous les tableaux et graphes et tous les chiffres donnés dans le document du Plan—qui sont, il faut le souligner, nombreux et variés—ont essentiellement trait à la décennie passée 2009-2019 et à la période actuelle (2020 et 2021). Comme le souligne la première épigraphe citée en haut de cet article, «The trouble with many plans is that they are based on the way things are now. To be successful, your personal plan must focus on what you want, not what you have” (Le problème de beaucoup de plans est qu’ils sont basés sur ce que les choses sont aujourd’hui. Pour qu’un plan personnel [ou gouvernemental] réussisse, le focus doit être placé sur ce que vous voulez, non ce que vous avez déjà) (Nido Qubein, Président de High Point University, North Carolina). Ce point de vue est exprimé en d’autres termes par Saint Exupéry dans la deuxième épigraphe ci-dessus citée «A goal without a plan is just a wish» (Un objectif sans plan n’est qu’un simple souhait). En effet, énoncer des objectifs sans établir un plan détaillé et chiffré pour les atteindre est un vœu pieux. Le Plan de Relance Economique du gouvernement ne donne pas les projections chiffrées de ce que sera l’économie algérienne à l’horizon 2024. Sur les nombreux tableaux et graphes répartis en une cinquante de pages sur un total de près de 200 pages que comprend le document du Plan, seuls quelques chiffres rares sont indiqués pour la période 2020-2024. D’où le titre de cet article : Le Plan de Relance 2020-2024 est plus qualitatif que quantitatif, davantage rétrospectif que prospectif. n

  • Ph.D en économie
    Master of Francophone Literature
    (Purdue University, USA)