A 48 heures du débat général autour du plan d’action du gouvernement, les députés ne sont pas au fait de son contenu. C’est du moins ce qui ressort des déclarations de plusieurs députés contactés par nos soins.

« Je n’ai pas encore lu le contenu du plan d’action et au sein du groupe parlementaire aucune rencontre n’est programmée à ce propos», nous révèle un député du Front de libération nationale (FLN ». Selon lui, plus des trois quarts des députés FLN « pour ne pas dire plus» ne sont pas au courant du contenu du plan d’action du gouvernement. Une députée du même parti ne manque pas de préciser à ce propos que « je n’ai même pas été à l’Assemblée nationale depuis deux mois. C’est vous dire combien on a pris nos distances par rapport à l’institution ». Selon elle, le travail parlementaire «a beaucoup perdu de son importance et de sa pertinence ». « Dans un passé récent, on se bousculait pour s’inscrire et intervenir lors des débats, mais à présent, on ne veut même pas s’enquérir du contenu du plan d’action du gouvernement », précise-t-elle à cet égard.
Un autre député du même parti, qui en est à son troisième mandat, soutient que « le travail parlementaire déjà très discrédité par l’absentéisme des députés vient de subir un coup dur après l’annonce d’élection législatives anticipées». «Comment voulez-vous demander à un député de s’enquérir du contenu du plan d’action alors que son mandat est lui-même menacé ? » lance-t-il interrogatif. Avant d’y répondre : « Les députés pensent avant tout à leur mandat. » « Ils ont été élus pour une période de 6 ans et pas moins », note-t-il, avant de soutenir que le plan d’action du gouvernement « est le cadet des soucis du gouvernement ». Même réaction chez les députés du Rassemblement national démocratique, ceux de TAJ et même du FJD et du MSP. « La majorité des députés pour ne pas dire la quasi-totalité ne savent même pas ce que contient ce plan d’action», lance un député RND, avant de préciser «moi-même je ne connais pas le contenu de ce plan au même titre que mes pairs ». Plus précis, il indiquera que «dans nos discussions entre députés, on n’évoque jamais le plan d’action, on est beaucoup plus focalisés sur la levée de l’immunité parlementaire ainsi que la dissolution annoncée de l’APN ». Un député du Mouvement de la société pour la paix (MSP) indique qu’« on ne sait pas si on sera présent le jour de la présentation, soit mardi, c’est pour cela que je n’ai pas lu les dispositions du plan d’action à l’instar des autres députés de notre groupe parlementaire». De son côté, un député TAJ précise qu’« il n’est pas trop tard pour lire le contenu du plan d’action, il nous reste plus de trois jours pour le faire, et on n’est pas obligés d’intervenir, au cas où on le ferai le jour même de la présentation du plan par le Premier ministre ». Selon lui, l’essentiel est « de pouvoir s’en informer la veille de sa propre intervention » au motif qu’il n’y a pas «d’enjeux à bien connaître le contenu du plan d’action». Plus précis, il soutiendra que « le plan d’action sera à coup sûr adopté et voté à la majorité des députés, dont les interventions seront de se dire satisfaits de la qualité du contenu du plan d’action même sans le lire ». Bien que dramatique, le désintérêt des députés à la fonction parlementaire, il n’en demeure pas moins que ce sont eux les législateurs qui adoptent ou s’abstiennent d’avaliser un texte de loi.