Par Nadir Kadi
Le président de la Confédération algérienne du patronat-citoyen (CAPC) Sami Agli a estimé, hier, que le «plan d’action du gouvernement» s’apparente aujourd’hui à un «plan de la dernière chance» en vue de parvenir à la relance de l’économie nationale. Le responsable de la structure patronale, anciennement connue sous le nom de Forum des chefs d’entreprise (FCE), a en ce sens déclaré, lors d’un passage sur les ondes de la Radio nationale, que les acteurs économiques attendaient de véritables mesures de relance, capables de redonner confiance aux investisseurs : «Tout le monde est dans une réelle attente de ce renouveau économique qui n’est pas un choix, mais une obligation pour pouvoir avancer.»
Plan d’action du gouvernement, présenté le 13 septembre dernier face à la représentation nationale, le texte aborde, pour rappel, des questions telles que «l’Etat de droit», le volet «social», l’ouverture à l’international et, naturellement, la relance de l’économie… Des points que le responsable de la CAPC estime de façon positive : «Les cinq axes de ce plan ont une relation directe avec l’économie.» Leur mise en œuvre, en vue de la relance de l’activité serait d’autant plus urgente que la crise sanitaire et sa gestion ont eu un très lourd impact sur les opérateurs : «Nous n’avons pas de chiffres officiels, mais on parle de plus d’un million d’emplois perdus.» Une situation qu’il juge comme un véritable «électrochoc» pour toute la chaîne économique : «Quand on parle d’emplois, on parle de pouvoir d’achat qui est la vraie locomotive de l’économie (…) On ne peut relancer la consommation sans un pouvoir d’achat fort et stable.»
Responsable de la CAPC qui ajoute en ce sens que la communauté économique attend «des mesures de sauvetage». Le tissu économique, composé à 95% de PME/TPE, aurait enregistré un certain nombre de faillites : «Beaucoup d’entreprises sont en précarité économique, elles sont fragiles… On ne peut se permettre d’avoir des centaines de milliers de chefs d’entreprise interdits bancaires ou en conflit avec l’administration.»
Ainsi parmi les solutions «réalistes» que préconise Sami Agli : «l’effacement ou l’amnistie» des dettes pour certaines catégories d’entreprises, «je ne parle pas des entreprises qui ont les moyens de faire face et de relancer leurs activités, mais de celles qui n’ont pas de trésorerie pour préserver les emplois». En ce sens, les propos du responsable de la CAPC laissent entendre que les mesures prises jusque-là dans le cadre de «crise sanitaire», notamment le paiement différencié des cotisations sociales ne seraient pas suffisantes : «Le paiement différé est compréhensible (…) mais cela reste une dette qui s’accumule et qui devra être payée plus tard.» Et dans cette même logique d’aide aux entrepreneurs et à la création de nouvelles entreprises, Sami Agli appelle à changer les règles du contrôle des dossiers : «Il faudrait que les dossiers d’investissement soient traités en un temps record (…) que les contrôles se fassent a posteriori pour les investisseurs algériens ou étrangers.»
Quant à la question de la restauration d’une certaine «confiance» dans le climat économique, le président de la CAPC déclare en substance que l’incertitude règne auprès des chefs d’entreprise : «Il y a un sentiment de crainte de l’inconnu (…) Nous avons besoin de dire les choses, parler vrai.» Et l’un des signes de bonne volonté serait pour le responsable «la dépénalisation de l’acte de gestion (…) c’est la première décision à prendre, nous avons salué que la question soit abordée.» Revenant, par ailleurs, sur les discussions qui ont marqué la présentation du «plan d’action du gouvernement» aux députés, Sami Agli a déclaré à propos de la question – sensible pour l’ex-FCE – du rapatriement des fonds détournés par certains hommes d’affaire : «Il n’y a pas de sentiment à faire (…) il faut chercher l’intérêt du pays», ajoutant toutefois que certains pays n’ont jamais récupéré les fonds détournés. «Il y a des exemples à ne pas suivre (…) il y a des spécialistes dans le monde qui sont payés pour rendre les fonds intraçables.» n