Le gouvernement d’Abdelaziz Djerad envoie de bons signes au mouvement associatif. Dans son plan d’action, il s’engage à revoir dans les profondeurs le cadre associatif national. Une révision qui ira dans le sens d’élargir le champ d’action des associations, faciliter leur création et surtout à mettre en place une gestion transparente des subventions destinées aux associations. « Le gouvernement compte, à la lumière de la révision de la Constitution, procéder à l’amendement de la loi relative aux associations et favoriser l’émergence d’une société civile libre et responsable », lit-on dans le document. En ce qui concerne le champ d’action, le gouvernement compte associer les associations à la prise de décision aussi bien au niveau local que national. Le gouvernement s’est engagé également à faire du mouvement associatif un partenaire. Concernant la création d’associations, le plan d’action du gouvernement se veut audacieux. En effet, il prévoit de supprimer les demandes d’agrément. Autrement dit, il adoptera le système déclaratif appliqué dans toutes les démocraties du monde. Il ne sera plus nécessaire de demander une autorisation pour tenir une assemblée générale constitutive d’une association. Pour les subventions, les pouvoirs veulent être transparents en évitant les erreurs du passé. Un mécanisme spécial subventions sera mis en place après révision de la loi sur les associations 12/06.
Cette refonte annoncée vise, selon le gouvernement, à renforcer le rôle des associations et leur participation dans le processus de développement du pays et la gestion des affaires publiques, s’appuiera principalement sur la consécration du principe de la déclaration dans la constitution des associations, l’adoption de nouveaux mécanismes de financement transparents et efficaces, le renforcement du partenariat entre les instances publiques et le mouvement associatif, notamment dans les domaines d’intérêt général, la promotion de la place de la jeunesse et de la femme dans la vie associative. Par cette nouvelle approche, le gouvernement compte instaurer une réelle et efficace démocratie participative où le citoyen, par le biais du mouvement associatif, sera acteur et finalité de l’action publique.
A noter que la loi actuelle sur les associations 12/06 est vivement critiquée par les acteurs associatifs locaux et étrangers. Elle est jugée restrictive et marquant un net recul en matière de libertés d’action par rapport à la loi 90/31. D’après une étude menée par des associations algériennes et étrangères, des milliers d’associations ont disparu après la mise en vigueur de la loi 12/06. Les critiques ne se limitent pas aux associations, le comité des droits de l’homme des Nations unies ainsi que le conseil des droits de l’homme de la même institution ont exhorté les autorités algériennes à revoir cette loi et à mettre un terme aux barrières qui bloquent l’émergence d’une véritable société civile en Algérie.
Les arguments et les assurances données par les pouvoirs publics aux instances et ONG internationales n’ont pas convaincu. En effet, chaque année, la question relative à l’application de la loi 12/06 revient dans les rapports sur la situation des droits de l’homme. Il y a lieu de rappeler que plusieurs ONG internationales ont quitté l’Algérie en 2013, suite à l’application de cette loi. Il s’agit essentiellement des deux fondations allemandes Friedrich-Ebert et Friedrich-Naumann.<