Aujourd’hui, les oreilles seront tendues vers Zurich où siège la FIFA. Beaucoup d’Algériens espèrent (vainement) que le destin de l’équipe nationale, non-qualifiée en Coupe du Monde 2022, soit changé par une décision de rejouer le match face au Cameroun. Mais on peut, d’ores et déjà, assurer que ce scénario a des chances qui tendent vers le néant…

Par Mohamed Touileb
Avant tout, il faut planter le contexte véritable des «affaires» à traiter aujourd’hui par la FIFA car il s’agit de dossier relevant du disciplinaire. Ceux des matchs Sénégal – Egypte, RD Congo – Maroc et Nigéria – Ghana. Ces rencontres ont été émaillés par des incidents dans les gradins. D’ailleurs, Bakary Gassama, arbitre du désormais inoubliable Algérie – Cameroun, a rédigé un rapport noir sur les agissements des supporters dans les travées du stade Mustapha Tchaker avec cette pluie de sièges qui s’est abattue sur le terrain lors des prolongations et avant le but d’Ahmed Touba qui qualifiait provisoirement l’EN.

Des sanctions pour l’Algérie ?
À partir de là, il y a le risque de voir la FIFA décider d’infliger le huis clos pour la sélection et une amende à la Fédération algérienne de football (FAF). En tout cas, bien que l’instance fédérale assure qu’elle a saisi la commission d’arbitrage concernant la prestation contestable de Gassama, il y a peu de chances qu’elle juge son arbitrage scandaleux.
De plus, il se murmure que la requête de la FAF a été envoyée hors-délais à savoir le vendredi 1er avril. Le code disciplinaire de la FIFA stipule, dans son alinéa 1 que «les associations et leurs clubs peuvent poser des réclamations. Les réclamations doivent être formulées par écrit à la Commission de discipline dans les 24 heures qui suivent la fin du match concerné et comprendre les motifs pertinents». Ainsi, la structure fédérale devait expédier sa plainte le lendemain de la partie avant minuit soit le mercredi 30 mars.
Lundi soir, du côté de Dely Brahim, on a publié un communiqué sur son site officiel. On pouvait lire que l’organe principal du foot Dz a «entrepris, conformément aux recommandations de ses conseils juridiques, une demande à la FIFA à l’effet de faire examiner le dossier de réclamation introduit au sujet de la rencontre Algérie – Cameroun, disputée le 29 mars 2022 comptant pour le match-retour des barrages des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA – Qatar 2022, par la Commission d’arbitrage de la FIFA».

La FIFA n’a pas à justifier ses décisions
En outre, la FAF précisait que «cette demande est motivée par le fait que le dossier de réclamation introduit s’appuie sur un argumentaire et des considérations techniques liées à l’arbitrage qui nécessitent un examen de la part d’une structure spécialisée». Il faut savoir que la Commission des arbitres a une mission qui consiste à appliquer et interpréter les Lois du Jeu. Clairement, ce dossier dépasse ses compétences. Il faut se rendre à l’évidence : le sort des «Fennecs» est scellé. Ils ne joueront pas le 5e Mondial dans l’histoire de l’Algérie.
In fine, notons que, comme mentionner dans dans l’article 51 (décisions).1 du code disciplinaire, il est stipulé qu’«en principe, les décisions des organes juridictionnels de la FIFA sont rendues sans motifs, et seules ces décisions sont communiquées aux parties, lesquelles sont alors informées qu’elles ont dix jours à compter de la réception de la notification pour en demander les motifs par écrit. Si les motifs ne sont pas demandés dans le délai imparti, la décision devient définitive et contraignante et les parties sont alors considérées comme ayant renoncé à leur droit d’interjeter appel».