PAR MIlINA KOUACI
Sans aucune exception, les établissements du cycle primaire doivent être soustraits de la gestion des Assemblées populaires communales afin de garantir une équité scolaire pour une grande égalité de chance entre les apprenants.
Le président de la République a ordonné d’exonérer les collectivités locales classées «pauvres» des dépenses de restauration et d’équipement des écoles et des cantines scolaires. Nonobstant, la solution, d’après le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), Messaoud Boudiba, consiste en la soustraction de toutes les écoles primaires de la gestion des Assemblées populaires communales. Indépendamment des caractéristiques de classification des APC, «la grande partie des communes est pauvre.
La solution est que les écoles soient libérées de la gestion des APC quelles que soient leurs capacités financières afin d’asseoir une équité scolaire et une égalité de chance entre apprenants», ajoute le porte-parole du Cnapeste.
Comme les autres organisations syndicales, le Cnapeste plaide pour le placement des écoles primaires sous la seule tutelle du ministère de l’Education nationale. Les Assemblées populaires communales se chargent de la gestion financière de plus de 19 000 écoles du primaire, tandis que le ministère de l’Education se charge de l’aspect pédagogique, en vertu des lois en vigueur qui restreignent le champ d’intervention du ministère notamment, l’article 122 du code communal limitant la responsabilité entre les ministères de l’Education nationale et de l’Intérieur.
Mais pour le Cnapeste, «toutes les opérations qui s’effectuent au sein d’une école sont d’ordre pédagogique, y compris la cantine scolaire qui est indissociable de l’acte pédagogique», insiste M. Boudiba
La double tutelle, poursuit le porte-parole du Cnapeste, ne sert pas les écoles primaires. Au contraire, elle «pénalise» leur bon fonctionnement. «Placer les écoles des trois cycles sous la tutelle du ministère de l’Education nationale garantira une équité scolaire à tous les élèves», insiste notre interlocuteur.
Devant le malaise et les dysfonctionnements engendrés par la gestion des communes, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a fait part de son intention de créer un Office national des œuvres scolaires. «Nous avons exprimé notre rejet de cette idée car nous revendiquons simplement de libérer les écoles de la gestion des communes et non de les affilier à un autre organisme qui ne serait pas sous tutelle de l’Education nationale».
En 2018, le ministère de l’Education nationale avait signifié aux syndicats enseignants, à l’occasion de rencontres bilatérales, l’intention du ministère de l’Intérieur de mettre en place une Commission nationale pour la gestion des écoles primaires. Cependant, les syndicats du secteur expriment explicitement leur souhait de voir les écoles primaires placées «exclusivement» sous la tutelle du ministère de l’Education nationale.
Ces derniers reprochent aux communes de «ne pas honorer leurs engagements envers les écoles primaires», notamment au lendemain de la propagation du coronavirus dans le pays. Pour eux, la dégradation des conditions des écoles du territoire national témoigne de «l’inattention» que manifestent les présidents des collectivités locales envers les établissements primaires notamment, celles déficitaires.