Un collectif d’intellectuels a rendu publique, avant-hier, une lettre appelant les autorités du pays à déclarer le nouvel an amazigh, «Yennayer» fête nationale «chômée et payée». Cette initiative, qui intervient à quelques semaines du Nouvel An berbère, le 12 janvier, se veut, selon ses initiateurs, «un rappel de l’Etat à ses obligations» vis-à-vis de la question de l’amazighité dans notre pays.

C’est une façon de contribuer sereinement à ce que le débat sur cette question gagne en profondeur et aboutisse à des actions destinées à la prise en charge effective de la dimension amazighe dans notre pays, indique à Reporters Brahim Tazaghart. Signataire de l’appel, cet écrivain d’expression kabyle et éditeur d’ouvrages en tamazight, M. Tazaghart précise que ce n’est pas une pétition, mais un appel signé par six personnalités qui ne sont pas toutes berbérophones mais qui estiment que le sens de l’histoire est d’aller rapidement vers l’application sur le terrain de la Constitution de février 2016, dont l’une des dispositions historiques est de reconnaître tamazight langue officielle de l’Algérie. Parmi les signataires de l’appel, des écrivains, des journalistes et des universitaires comme le poète Lazhari Labter, Achour Fenni et Amine Zaoui. «Notre élite a pris conscience que l’avenir du pays est en jeu, et qu’elle doit prendre position en proposant des perspectives en mesure d’apporter un maximum d’apaisement à la gestion des grandes questions de la Nation et des affaires publiques», indique M. Tazaghart. Toute l’Algérie fête le Nouvel An amazigh. «Cette fête est l’un des ciments de notre unité culturelle et nationale», ajoute la même source. Et le fait de la décréter journée de fête officielle, chômée et payée «renforcera la cohésion de notre nation et la mettra en phase avec sa profondeur historique», indiquent les signataires de l’appel.