Un accord a été conclu, jeudi dernier, pour le plafonnement des prix des scanners et des analyses médicales de dépistage du Coronavirus (Covid-19) entre le ministère de la Santé, l’Association des radiologues privés et des représentants de 11 laboratoires médicaux. Conformément à cet accord, le prix du test par scanner s’établira aux environs de 7 000 DA, les analyses PCR à 8 800 DA, les analyses antigéniques à 3 600 DA et les analyses sérologiques à 2 200 DA.

A cette occasion, le président de l’Association des radiologues privés, Boukhtouche Djamel, a précisé que le plafonnement des prix de dépistage du virus par scanner s’inscrit dans l’esprit de solidarité nationale en cette circonstance sanitaire difficile que traverse le pays.
Réagissant à cet accord, Youcef Boudjelal, secrétaire général du Syndicat autonomes des biologistes de santé publique, déclare que son syndicat salue et soutient cette initiative, en soulignant que «dans le contexte de la pandémie, nous approuvons toute décision qui peut aider le citoyen».

Le choix d’IMD justifié par l’engagement et la performance
Le secrétaire général du Syndicat des biologistes nous explique, également, que cette initiative, selon l’engagement du ministre, sera élargie à d’autres laboratoires conventionnés avec IMD. Interrogé sur la pertinence du choix de ce fournisseur, notre interlocuteur nous explique que le choix d’IMD se justifie par le fait que ce fournisseur dispose d’équipements et de matériel les plus performants, en précisant que «premièrement, les kits de PCR ont une plus grande qualité de fiabilité par rapport à d’autres marques. Le deuxième point est qu’IMD est un partenaire implanté depuis plus de vingt ans en Algérie et travaille avec des laboratoires privés et même certains laboratoires étatiques, ce qui fait qu’il est en partenariat avec au moins un à deux laboratoires dans chaque wilaya». Il souligne également que cette convention avec IMD est une proposition ouverte à tous les autres fournisseurs et importateurs, selon les déclarations du ministre de la Santé, à condition qu’ils acceptent de baisser leur prix. «Mais pour le moment, seul IMD s’est engagé à revoir ses prix à la baisse», affirme Yacine Boujedal.
De son côté, Mustapha Zebdi, président de l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce), salue également cette initiative des pouvoirs publics en déclarant : «C’est une décision très importante pour les citoyens, dont le pouvoir d’achat a été laminé depuis l’apparition de la pandémie marquée par une hausse importante des prix de certains produits de première nécessité et une anarchie concernant la fixation des prix des différents tests de diagnostics de la Covid.» Il tient à préciser que cela répond aux nombreux appels lancés par l’Apoce depuis des mois pour que tous les prix des produits relatifs à la pandémie soient fixes. Il déplore toutefois le retard pris pour que cette décision voie le jour. Il enchaîne toutefois avec la satisfaction que cette problématique soit enfin prise en charge, d’autant plus que le gouvernement a donné des garanties pour la régulation des prix des tests.

Le torchon brûle entre Salama et les autres organisations
Par contre, dans un communiqué publié sur sa page officielle, le Syndicat algériens des laboratoire d’analyses médicales (Salama) se «désolidarise» de la signature de cette accord : «Nous tenons en premier à préciser que ces laboratoires ne représentent qu’eux-mêmes et que leur engagement à titre individuel n’engage en rien l’ensemble des 900 laboratoires exerçant à travers le territoire national.»
Il précise que suite à une réunion, organisée le 3 décembre dernier, avec le ministre de la Santé sur le principe, il avait salué toute initiative émanant des biologistes médicaux et des pouvoirs publics pouvant aboutir à une baisse des prix et alléger les dépenses du citoyen, à condition de préserver la qualité et la fiabilité des résultats. Mais «ensuite, nous avons demandé à la société IMD d’assurer les mêmes prix et conditions à tous les laboratoires clients afin de leur permettre de baisser leur prix également sans devoir participer à un quelconque groupement ou renoncer à un équipement déjà acquis. Nous avons également demandé à voir ces prix pour pouvoir étudier le prix patient adéquat qui en découle.
Ni nous ni les clients de cette société n’avons reçu officiellement les prix en question ni une offre commerciale concernant le réactif PCR annoncé en production locale.»
Tout en évoquant d’autres points de litiges avec la décision des pouvoirs publics, dont des considérations éthiques et déontologiques soulevées par une telle démarche, le Salama annonce, dans son communiqué, qu’il «se désolidarise de cette démarche et de cette annonce de prix. Nous soulignons également le danger d’une telle annonce marginale que l’écrasante majorité des laboratoires d’analyses ne pourra pas appliquer».
Salama rappelle également que «la mesure la plus adéquate et la seule à même de régler définitivement cette problématique des prix et de soulager significativement la bourse du citoyen est le remboursement par la Sécurité sociale de ces analyses».
A propos de cette polémique que risque de déclencher Salama, le président de l’Apoce estime que «ce n’est pas le moment pour les opérateurs de l’industrie pharmaceutique et dans les services médicaux de parler de gains», précisant que l’«on ne demande pas à ces opérateurs de travailler à pertes, mais au moins à avoir des marges bénéficiaires minimes dans le cadre de la solidarité nationale dans le contexte de la pandémie». Mustapha Zebdi ajoute que «la solidarité n’est pas avec les pouvoirs publics, mais avec le peuple et être écarté des négociations ne veut nullement dire que cette solidarité avec le peuple tombe à l’eau». Il précise qu’en tant qu’organisation «nous n’avons pas à nous mêler des accords entre les syndicats et les pouvoirs public, mais il y a eu des faits et des communiqués de la part de ce syndicat que nous désapprouvons totalement».