Depuis trop longtemps, l’école algérienne a été médiatisée et «exposée» sur plusieurs aspects, certes importants, mais quasiment toujours au dépend de l’essentiel, la pédagogie. La faute incombe aux principaux acteurs, les responsables du département et les enseignants.
Depuis trop longtemps, l’école algérienne a été synonyme de grèves sans fin, de réclamations salariales, de palabres autour des œuvres sociales, mais le contenu des programmes était toujours mis de côté, négligé. La faute incombe surtout aux syndicalistes et à l’administration des établissements scolaires.
Depuis trop longtemps, l’école algérienne a été synonyme de cours particuliers pour les élèves des trois paliers d’enseignement, mais ce qui devait être donné durant les cours «officiels» était omis et délaissé. La faute incombe essentiellement aux enseignants, aux parents d’élèves et au laisser-aller du ministère.
Tout ceci est un constat régulièrement établi, et qui, à la longue, est devenu inaudible. Mais «ça, c’était avant». C’est que les choses ont entre temps changé. C’est que le monde est en train de se transformer. La cause est évidemment la Covid-19. La pandémie, avec tous ses méfaits et les désastres causés, est venue annoncer la fin d’un «cycle», et ceux qui n’arriveront pas à «voir» ne pourront qu’en subir les conséquences. D’où l’urgence de ne plus aborder l’école d’une façon aussi désinvolte qu’avant. Revenir à l’essentiel, qui est de former les futures générations.
Cette année scolaire 2020-2021, exceptionnelle à plus d’un point, devrait être l’occasion de renverser la table. Il ne faudrait plus subir la meute et rester sur l’essentiel, la pédagogie et l’enseignement. C’est pourquoi quand un représentant des hommes de terrain aborde l’aspect pédagogique avec comme arguments des faits et des chiffres, il faut tout simplement «tendre l’oreille». Dans le cas de Bachir Hakem (professeur de mathématiques), il sera question surtout de lire avec attention. Son intervention dans l’édition d’aujourd’hui sur «Reporters» est des plus intéressantes. C’est sur ce terrain que les débats doivent être créés. L’école algérienne n’a pas le droit de rater le virage historique imposé par la pandémie. Place au concret.