Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, redit la détermination du gouvernement à passer au tamis l’ensemble des achats de l’Algérie auprès de ses fournisseurs.

Après qu’Abdelmadjid Tebboune ait tracé les contours de la nouvelle politique du gouvernement en matière du commerce extérieur, c’est au tour des différents départements ministériels de tailler dans le budget des importations relevant, chacun de son domaine.
Abdeslam Bouchouareb a confirmé, hier, l’option d’un nouveau tour de vis à l’import. Le ministre de l’Industrie et des Mines, qui abondait dans le même sens qu’Abdelmadjid Tebboune, qui a laissé entendre avant-hier que les importations seront désormais soumises à un contrôle de qualité, il sera question aussi de faire passer au scanner toutes les pièces de rechange automobiles importées. Un cahier des charges régissant les importations des pièces de rechange automobiles sera soumis incessamment au gouvernement, a annoncé, hier à Alger, le ministre de l’Industrie et des Mines Abdeslam Bouchouareb, précisant que les importateurs seront tenus d’acheter ces pièces directement auprès du fabricant.
C’est-à-dire que désormais tous les fournisseurs ne seront pas logés à la même enseigne. « L’importateur sera obligé d’avoir des contrats d’achat direct auprès du fabricant sans passer par un intermédiaire », a-t-il déclaré en marge d’une plénière au Conseil de la Nation consacré, à la présentation et le débat du projet de loi sur la métrologie. Dit autrement, le ministre plaide pour que les importateurs de pièces de rechange soient soumis aux mêmes conditions réglementaires que les concessionnaires. Ceux-ci, faut-il le rappeler, ont été contraints de se fournir en véhicules auprès du constructeur, leur interdisant de s’approvisionner auprès des représentants régionaux.
Ainsi, il semblerait que le gouvernement s’achemine vers le même format réglementaire, imposant de nouvelles règles du jeu aux importateurs de pièces de rechange. Le fabricant de ces pièces doit aussi avoir un agrément auprès du constructeur automobile pour qui il fabrique ces pièces, a expliqué le ministre, citant l’exemple de certaines marques mondiales qui ne fabriquent pas elles-mêmes la totalité de leurs besoins, mais donnent des agréments à d’autres sociétés qui le font pour elles. Au nom de la lutte contre les importations superflues et la contrefaçon, nombre de départements ministériels s’efforcent de convaincre les consommateurs et les partenaires du bien-fondé de cette politique naissante. Pour ce qui est de l’importation des pièces de rechange automobiles, le ministre de l’Industrie tient à préciser également que « la relation doit être entre le fabricant d’origine ou avec le fabricant ayant un agrément auprès du premier constructeur. Cela va nous permettre d’avoir de la transparence dans ce que nous importons et de garantir la sécurité du citoyen et du consommateur », a-t-il expliqué.
Ainsi, ce cahier de charges, qui sera soumis au secrétariat du gouvernement dans les dix jours à venir, devrait combler « un vide existant » dans l’importation des pièces de rechange dont la facture annuelle est estimée à environ 800 millions de dollars.
« Mais ce n’est pas la valeur des importations qui nous intéresse, c’est plutôt le nombre d’accidents de la route qui tuent des milliers d’Algériens chaque année et dont l’un des facteurs réside dans la non-conformité des pièces de rechange aux normes requises », a argumenté le ministre.
Si le gouvernement va au bout de sa logique, il doit y avoir un important chamboulement sur la pyramide des principaux partenaires commerciaux de l’Algérie.
En termes plus clairs, la Chine qui s’impose en tant que premier fournisseur du pays, risque bel et bien de perdre sa place au profit d’autres partenaires. Tant mieux qu’il y ait enfin une politique claire en matière d’importations. Tant mieux aussi qu’il y ait une prise de conscience quant à la nécessité de dégraisser la facture en privilégiant la qualité plutôt que la quantité.