Par Feriel Nourine
On l’aura remarqué, pour cette année, les autorités concernées par l’approvisionnement et la régulation du marché de produits de large consommation, notamment alimentaires, n’ont pas pu préparer l’arrivée du mois de Ramadhan six mois auparavant comme ils ont l’habitude de le faire chaque année.
Reconduire le scénario des années précédentes, en préparant les citoyens à 30 jours de surconsommation sans retenue, à travers des programmes d’approvisionnement spécial-Ramadhan annoncés en grande pompe et bien avant l’heure, aurait sans doute été une opération osée dans une configuration de marché où plusieurs produits de première nécessité manquaient à l’appel sur les étals il y a à peine quelques semaines. Nous citerons le cas de l’huile de table qui a disparu pendant un bon moment, ouvrant la voie à une enquête menée par une commission parlementaire pour déterminer les causes de cette pénurie.
C’est dire qu’en cette période, le ministère du Commerce ou encore celui de l’Agriculture se devait d’être plus affairé à trouver la solution à une pénurie multi-produits, ainsi qu’à des prix qui s’envolaient, qu’à plonger le citoyen dans une atmosphère ramadanesque en brûlant les étapes calendaires. Mais cette pénurie ayant fait son effet sur les réflexes de consommation du citoyen, ce dernier se retrouve systématiquement pris par la phobie de l’étal vide, mais aussi par la fatalité des prix qui atteignent des records absolus durant le Ramadhan. D’où le redéploiement que sont en train de mettre en avant, ces derniers jours, les services concernés dans une énième tentative de rassurer le consommateur sur la disponibilité des produits auxquels il a recours en période de jeûne.
Opération d’importation de telle ou telle denrée, déstockage pour une autre, mise en place de barrières à la spéculation qui se distingue par une férocité inégalée durant les premiers jours de ce mois, et bien d’autres assurances exhibées d’avance mais que le citoyen a beaucoup de mal de croiser réellement au moment de l’insoutenable course ramadanesque.
C’est dire que l’approvisionnement et la régulation relèvent du quotidien et tous les jours de l’année. Si tout est fait dans les règles, Ramadhan ne fera que suivre. Sans folklore annonciateur.