Le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), Mustapha Khiati, reproche aux formations politiques de ne pas proposer un programme apte à dissuader les jeunes de quitter le pays, notamment ceux qui le font par voie irrégulière.

Par manque de vision ou faute d’ambitions politiques, ces formations «n’ont d’autre souci que celui de courir derrière des postes de responsabilité. On ne voit pas aujourd’hui de politiques qui s’intéressent aux problèmes sociaux des citoyens», a souligné, hier, M. Khiati au forum du quotidien «Le Courrier d’Algérie». Déplorant que les mutations de la société et les risques spécifiques qu’elles engendrent n’ont pas d’intérêt pour elles, le président de la Forem conclut qu’il est naturellement logique pour ces formations de proposer des solutions concrètes à certains phénomènes, comme celui de l’immigration clandestine. Un phénomène qui puise sa raison d’être et de se propager dans le mal-vivre qui gangrène le quotidien des jeunes.
Sauf que «l’immigration irrégulière est une fausse solution», martèle-t-il, appelant les jeunes concernés à «s’exprimer et exposer leurs préoccupations au lieu de quitter de façon illégale le pays». L’invité du «Courrier d’Algerie» ne manquera pas de pointer du doigt aussi les pouvoirs publics, leur reprochant de ne pas mettre en place un environnement favorable à la communication avec les jeunes prétendants à la harga. «Il faut savoir communiquer pour pouvoir écouter et établir une relation de confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics», soutiendra-t-il, avant d’appeler une nouvelle fois les harraga à «affronter et poser leur problème au lieu de fuir».
M. Khiati plaidera, en outre, pour une étude que les autorités publiques devraient mener sur les harraga interceptés pour «connaître le profil sociologique et le niveau d’instruction» de ceux qui optent pour l’immigration irrégulière. «Le phénomène est gravissime, mais que des parents s’embarquent avec des enfants en bas âge est un acte encore plus grave devant un danger pareil», soutient M. Khiati, insistant sur l’obligation faite aux concernés de garantir la protection de la petite enfance. «Le phénomène de l’embarquement des enfants est un phénomène relativement nouveau, paru et accentué après la promulgation en 2015 portant la protection de l’enfance en 2015. Cette loi ne contient aucun article portant des sanctions sur un parent qui expose son enfant à un danger pareil», relève-t-il. Un vide juridique qu’il faut «combler» dans l’immédiat. «Il faut intégrer une clause sanctionnant les parents interceptés embarquant avec eux leurs enfants», insiste-t-il. Toujours à propos de la violence faite aux enfants, Mustapha Khiati note que celle-ci est difficilement détectable parce qu’elle se passe dans les foyers et en milieu familial. D’autre part, «les enfants sont le maillon faible de la société ; les hommes et femmes revendiquent leurs droits dans le cadre d’un mouvement associatif, mais les enfants ne peuvent pas le faire», poursuit-il, regrettant «le manque de sensibilisation chez les parents, l’absence de la prise en charge des enfants maltraités», mais aussi «le vide juridique» entourant cette question.