Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) a annoncé, hier, la reconduction pour aujourd’hui de la «grève blanche», un mouvement qui consiste à suspendre les commandes de médicaments aux grossistes et aux distributeurs de médicaments.

Dans le communiqué du syndicat, il est précisé que cette grève est organisée afin de protester «de la situation qui caractérise le marché du médicament et l’enregistrement de nombreux médicaments en situation de rupture depuis plusieurs mois». Il est également rappelé dans le communiqué que «le principe de cette grève blanche s’exprime par un boycott des commandes. Aucun pharmacien ne passera de commande auprès de ses fournisseurs», en précisant que le recours à la grève blanche a été choisi «pour ne pas pénaliser les malades». «Arrêter de commander un jour par semaine ne risque pas d’avoir de conséquences négatives sur l’accessibilité des citoyens aux médicaments, car nos officines vont pouvoir continuer à fonctionner avec leurs stocks disponibles». Le Snapo tient également à souligner que «c’est un mouvement qui tient à exprimer la colère des pharmaciens et leur désarroi, en raison de leur quotidien professionnel très difficile et des problèmes rencontrés en matière d’approvisionnement de leurs officines». Affirmant dans ce sillage que la mission principale du pharmacien est d’assurer l’accessibilité des médicaments aux citoyens mais que «cette mission est compromise à cause de l’indisponibilité, depuis plusieurs mois, de dizaines et de dizaines de médicaments. La liste des médicaments en rupture dépasse largement les 335 médicaments déjà recensés».
Il est également précisé dans cet appel à la mobilisation de tous les pharmaciens pour protester contre cette situation qui perdure, malgré «tous les rapports et correspondances établis par le Snapo, la situation reste inchangée, bien au contraire, nous enregistrons chaque jour d’autres médicaments qui disparaissent du marché et de nos étalages». Dès lors, l’un des principaux objectifs à travers ce mouvement de protestation est de «lancer un signal fort aux autorités concernées pour les amener à se pencher de manière sérieuse sur ce problème qui touche à un secteur stratégique, celui du médicament» mettant en exergue le fait que «la régularité de la disponibilité des médicaments n’est pas garantie, et c’est une question de sécurité sanitaire.»
Dans la liste de leurs doléances, les pharmaciens d’officine soulignent que «l’accès équitable» de tous les pharmaciens au médicament «n’est pas garanti non plus». Ainsi, ils dénoncent le fait que «les ruptures, réelles ou provoquées, entraînent des pratiques inadmissibles sur le marché du médicament, dont les pharmaciens sont victimes, ce qui complique davantage la situation». Affirmant que «l’éthique et la déontologie doivent sévir au sein du secteur de la distribution et imposées à tous les niveaux du secteur du médicament».