Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) annonce une grève nationale d’une journée renouvelable à partir du 28 février prochain.

Par Sihem Bounabi
Cet avis de recours à la grève a été annoncé, hier, lors de la réunion, en session extraordinaire du bureau national. Il fait suite aux « menaces et déclarations visant les officines pharmaceutiques », lit-on dans le communiqué du syndicat.
Dans ce document, il est souligné que « des déclarations tenues par Monsieur le Ministre de la Santé devant l’Assemblée populaire nationale sur l’activité pharmaceutique et la profession du pharmacien d’officine annoncent des mesures imminentes qui vont toucher aux fondements de la profession ».
Il s’agit, entre autres, de la question polémique du numérus clausus et du statut commercial des pharmacies d’officine.
A ce sujet, le Snapo affirme n’avoir pas « été associé par le ministère de la santé à aucun travail sur l’éventuelle révision de la réglementation régissant les officines pharmaceutiques, « contrairement aux déclarations faites ». Le Snapo souligne également que « l’exercice d’une profession de santé ne doit pas être soumis à des considérations de libre concurrence se basant sur des critères commerciaux ou lucratifs qui risquent de mettre en péril la sécurité sanitaire et la subsistance de la profession, qui reste avant tout soumise à des règles d’éthique et de déontologie répondant à des exigences de santé publique ».
Pour rappel, au début de mois de janvier, la polémique avait déjà enflé contre la volonté de toucher au fait que « certains veulent absolument revoir le numérus clausus et la réglementation des officines », avait déclaré le président du Snapo à Reporters mettant ainsi en exergue le fait qu’ «il y a vraiment une grande inquiétude et une grande colère au niveau de la profession ». Ces déclaration ont été faites au lendemain de la clôture du Séminaire national sur la modernisation du système de santé, où le président du Snapo avait dénoncé le fait qu’ « à la lecture des recommandations devant le gouvernement, nous avons été surpris de la modification des recommandations pourtant adoptées à l’unanimité ».
Tout en exprimant sa déception, Messaoud Belambri avait justifié son sentiment d’indignation par le fait que « des changements fondamentaux de la réglementation ont été lues au gouvernement et au Président», alors qu’ils «n’ont pas fait l’objet de discussions en atelier».
Il a ainsi rappelé les appréhensions exprimées lors de la conférence de presse commune avec le Conseil national de l’ordre des pharmaciens « où nous avons alerté sur la nécessité de préserver et de respecter la réglementation concernant le statut des officines, se sont avérées justes» avait-t-il souligné, en ajoutant : «Pourtant nous avons fait preuve de bonne foi en assistant aux assises ».
En effet, durant la première semaine du mois de janvier passé, dans une conférence conjointe, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) et le Syndicat national
des pharmaciens d’officine (Snapo) sont montés au créneau pour défendre « une profession qu’ils jugent menacée par différents risques et attaques». 
Le président du SNAPO avait alors rappelé que le premier arrêté ministériel daté du 20 décembre 1993 a été révisé à trois reprises. Il rappelle également que le ministère de la Santé avait, à un moment donné, annulé le numerus clausus, mais le Conseil national de l’ordre des pharmaciens avait introduit une action au niveau du Conseil d’Etat qui avait annulé l’action du ministère et le numerus clausus a été rétabli. Il souligne dans ce sillage : «On a été amenés, chaque fois qu’il y avait une menace, à monter au créneau à travers des actions de protestation dont des mouvements de grève, en mai 2002 et aussi en avril 2018, pour justement que cette modification n’ait pas lieu. On est prêts à se mobiliser de nouveau si les menaces sur la profession persistent.»
Il avait alors estimé que la priorité aujourd’hui est que les textes d’application de la loi sanitaire 2018, notamment les textes d’application concernant les statuts des pharmaciens hospitaliers, celui des pharmaciens assistants et de la formation continue. n