Le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), Dr Messaoud Belambri, a affirmé, hier, que des discussions sont en cours avec la direction générale des impôts, mais que rien n’est encore réglé sur le terrain. Le mouvement de protestation des pharmaciens d’officine est pour l’heure maintenu.

Par Sihem Bounabi
D’autant qu’«à Guelma la situation se complique parce que la Direction locale des impôts de Guelma a envoyé les rôles aux pharmaciens. Ce sont des ordres de paiement et les pharmaciens se trouvent dans une impasse s’ils ne payent pas les sommes qui sont exigées. Leurs comptes bancaires risquent d’être bloqués, ainsi que leurs conventions de tiers payant. Ils ne pourront plus s’approvisionner en médicaments», a-t-il affirmé.
«Comme il s’agit de gros montants, les pharmaciens d’officine ne pourront pas payer et là, franchement, il n’y a plus d’alternatives pour les pharmaciens que de déclarer faillite.» Il se désole que «cette situation concerne pratiquement tous les pharmaciens de Guelma, ce sera le blocage total».
Commentant, la déclaration, jeudi dernier aux médias, du ministre de la Santé Abdelhak Saihi, que la situation épineuse dans laquelle se retrouvent les pharmaciens «a été réglée», il précise que «d’après nos informations, le ministre de la Santé et même le ministre de l’Industrie pharmaceutique font des efforts pour que la situation se débloque, car ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens que les officines ferment où soient bloquées». Enchaînant, «mais pour le moment, la solution n’a toujours pas été trouvée».
Le président du Snapo tient également à préciser que «cette situation perdure et se complique bien que nous ayons eu des assurances de la DGI de la suspension des opérations d‘établissement des rôles et des notifications en attendant de trouver une solution. Pourtant, les choses s’aggravent et on ne comprend pas cet acharnement de la Direction des impôts de Guelma». Face à cet état de fait, Dr Messaoud Belambri souligne que des demandes d’audience ont été envoyées aux responsables concernés notamment au ministre des Finances, expliquant que c’est ce dernier qui «a les prérogatives et l’autorité d’annuler cet acharnement en levant cette procédure fiscale injuste. Mais, pour le moment on n’a toujours pas eu de réponse à notre requête et nous n’avons toujours pas été reçus par le ministre des Finances». Par conséquent, «le Snapo maintient la mobilisation pour mener à bien le mouvement de protestation des pharmaciens d’officine tant qu’une solution n’est pas concrètement trouvée». Pour rappel, mardi dernier, le Snapo avait annoncé lors d’une conférence de presse une série d’actions de protestation dont une grève nationale d’un jour renouvelable des pharmaciens d’officine, le 16 janvier. Elle sera précédée par une grève de trois jours des pharmaciens de Guelma, le 14, 15 et 16 janvier.
Le 14 janvier prochain, les membres du Conseil national et du bureau national du Snapo ainsi que les membres des différents bureaux de wilaya seront présents à Guelma pour exprimer haut et fort leur soutien. Le lendemain, soit le 15 janvier, un sit-in sera organisé par les pharmaciens d’officine devant le siège du ministère des Finances pour exprimer leurs indignations face à de telles mesures fiscales.
A propos de cette nouvelle mesure fiscale qui attise la colère des pharmaciens, le président du Snapo avait précisé dans les colonnes de Reporters qu’il s’agit d’une nouvelle mesure «surprenante et irréfléchie». Avec des pénalités et un redressement de quatre années sur des aides accordées par l’Etat, considérant cette aide comme des bénéfices. Il a précisé que cette aide de l’Etat est accordée uniquement dans le cadre du tiers payant et pour les produits pharmaceutiques produits en Algérie afin de promouvoir les médicaments produits localement et préserver la continuité du service du tiers payant aux profits des assurés sociaux.
Il est à souligner que le Snapo a lancé, il y a quelques jours, des appels urgents au président de la République et à tous les responsables concernés pour trouver une solution à «cet acharnement fiscal qui risque de mettre en faillite la majorité des pharmaciens concernés et, par conséquent, signer la mise à mort de la profession et par ricochet du tiers payant» a affirmé le président du Snapo. Hier, le Snapo a encore envoyé une demande d’audience au ministre des Finances pour débloquer la situation. Au moment où nous mettions sous presse, le Snapo était toujours en attente d’une une réponse et affirme maintenir le mouvement de protestation car «il y va de l’avenir et de la survie des pharmaciens d’officine». <