Le projet d’usine Peugeot PSA en Algérie devait voir le jour au cours de l’année 2017. L’échéance avait été fixée par le gouvernement que conduisait Abdelmalek Sellal. En 2017, alors qu’il recevait  le Premier ministre français, Bernard Caseneuve, M. Sellal avait indiqué que le projet Peugeot était presque finalisé, qu’il allait être réalisé au cours des prochains mois. Et, que nous allions signer un accord portant création d’une société mixte entre Peugeot PSA et des partenaires algériens publics et privés. M. Sellal avait même parlé  d’assainissement de  la situation de l’industrie automobile en Algérie. Annoncée à plusieurs reprises,  la concrétisation de ce projet semble cependant avoir pris plus de temps que prévu pour des raisons qui restent à clarifier. C’est une très mauvaise leçon de conduite ! Et cela fait grincer des dents du côté français, surtout que le constructeur hexagonal avait engagé des frais dans le cadre de ce projet. Les couacs qui se sont produits ont  généré des pertes de temps et des surcoûts.  Et, selon certaines sources, des responsables de Peugeot sont particulièrement agacés et veulent faire comprendre à la partie algérienne que Peugeot n’est pas un jouet sur lequel chacun y va de sa petite phrase. Le constructeur français voulait et veut toujours ce projet. Il est conscient de tout ce qu’il peut accomplir s’il y met de la volonté et du cœur. Pour autant que le gouvernement tienne  à faire les choses correctement,  il est prêt à aller de l’avant, affirme-t-on. Peugeot s’apprêtait à  s’installer à Oran avec sa filiale Faurecia pour satisfaire ses besoins de sous-traitance. La venue de Faurecia devrait  permettre d’atteindre, dès le lancement de la production, un taux d’intégration appréciable. Mais Peugeot va-t-il traiter avec les sociétés algériennes ? Va-t-il former des techniciens algériens en matière de fabrication automobile ? Peugeot veut produire en Algérie pour réexporter, un créneau différent de celui de Renault. Il veut des véhicules compétitifs, avec des sous-traitants  performants sur toute la gamme des accessoires automobiles et autres. Et de ce point de vue-là, il ne  pouvait pas se passer de Faurecia.  En 2013, Faurecia était numéro  un  mondial de l’intérieur du véhicule et des technologies de contrôle des émissions, numéro deux mondial dans les modules extérieurs (bloc avant et pare-chocs), numéro trois mondial dans les sièges automobiles. Et un véhicule sur quatre dans le monde possède un équipement Faurecia. C’est dire combien il importe, pour le constructeur français,  qu’il veille à ce que son plan soit rigoureux dans tous les maillons de  la chaîne de construction.  A l’échelle bilatérale, la France compte beaucoup  sur cette implantation industrielle de Peugeot qui serait de nature à favoriser le développement économique entre les deux pays et à épaissir  le volume des investissements français en Algérie. L’Hexagone souhaite accompagner l’Algérie dans sa vision stratégique de développement. Sur le plan des investissements, entre 2002 et 2016, un total de 158 projets d’investissements impliquant des investisseurs français ont été déclarés auprès de l’Agence nationale de développement de l’investissement  (Andi) pour un montant de l’ordre de 340 milliards de dinars et devant générer 22.316 emplois. Sur l’ensemble de ces projets, 137 ont été réalisés pour une valeur de 182 milliards de dinars. La France a proposé de créer un fonds franco-algérien d’investissement qui permettrait d’accompagner les entrepreneurs algériens investissant en France et les Français désireux d’investir en Algérie.