Les syndicats de l’Education nationale, conviés dimanche à une rencontre de concertation avec la tutelle pour aborder les conditions dans lesquelles devrait intervenir la prochaine rentrée scolaire, ne semblent pas être convaincus de laisser encore régner le flou.
Ces derniers projettent la rentrée, qui semble mettre les autorités dans l’embarras, vers la mi-octobre, soit juste après la fin de la correction des copies du baccalauréat. Contrairement donc à la tutelle, qui suspend cette reprise à l’évolution de la situation épidémique, des organisations syndicales veulent se fixer un rendez-vous et œuvrer à réunir les conditions nécessaires. Elles ont demandé, dans ce sens, à la tutelle à ce que la rentrée scolaire soit lancée dès l’achèvement de l’opération de correction des copies des épreuves du baccalauréat. Une opération, qui a débuté, faut-il le rappeler, le 25 septembre, pour se poursuivre durant 15 à 20 jours et prendre fin au plus tard le 15 octobre prochain.
Selon le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), la majorité des syndicats a proposé à la tutelle une rentrée dans les meilleurs délais, mais en se conformant à un strict protocole sanitaire au sein des établissements scolaires. «Nous devons reprendre les cours après une interruption de sept mois», dit Zoubir Rouina, qui trouve toutefois «insensé» de recommander de respecter les mesures barrières à l’intérieur des établissements scolaires et de ne pas les observer à l’extérieur par l’ensemble des citoyens. «Si nos concitoyens ne respectent pas les mesures préventives et de sécurité dans les autres espaces, c’est qu’on n’a pas compris la dangerosité de la situation», avertit le secrétaire général du CLA.
Certains syndicats, rapporte M. Rouina, ont reproché au ministère de ne dévoiler ses plans exceptionnels que le jour de la rencontre avec son partenaire social. «Certaines organisations syndicales ont souhaité que le ministère leur remette le document avant la rencontre bilatérale pour le décortiquer et le soumettre à débat et discussion le jour de la réunion», ajoute notre interlocuteur. «Ce n’est pas de nos prérogatives de proposer une date de reprise, mais on souhaite que la rentrée des classes soit lancée dans les meilleurs délais pour éviter de plus lourdes conséquences d’une longue interruption», poursuit M. Rouina. Il indique qu’il respecte les recommandations du comité scientifique, avant d’ajouter que ces recommandations doivent reposer exclusivement sur des fondements scientifiques. «Nous ne pouvons en aucun cas remettre en cause les suggestions du comité scientifique, qui détient les données sur l’épidémie et qui suit de très près la situation épidémiologique», insiste le secrétaire général du CLA.
Il en est de même pour Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), qui estime «indispensable» de reprendre la scolarité mais, en se conformant à un protocole sanitaire strict, conseillant aux pouvoirs publics de tirer profit de l’expérience du Bac 2020, qui s’est déroulé, à ses yeux, dans «de bonnes conditions». Pour l’Unpef, la réussite de la rentrée scolaire repose sur le respect des gestes barrières et du protocole sanitaire. M. Zegar propose une adaptation du programme scolaire, la révision à la baisse du contenu des matières secondaires, la réduction de volume horaire et de programmer des cours les samedis.
Pour rappel, le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a indiqué dimanche que la date de la rentrée scolaire n’a pas encore été fixée en raison de la poursuite de la propagation du nouveau Coronavirus, bien que le taux des cas confirmés est en net recul ces derniers jours. «Nous ne voulons pas mettre en péril la santé de nos enfants, de leurs parents et de l’ensemble du personnel des établissements d’enseignement», a-t-il rassuré. Le ministère exige dans son plan exceptionnel de se conformer à un protocole sanitaire préventif élaboré par la tutelle et validé par le ministère de la Santé, afin de préserver la santé des élèves avec le port obligatoire du masque aussi bien pour les élèves que pour les enseignants et le personnel administratif.
Il propose d’adopter le découpage pédagogique, en divisant chaque groupe en sous-groupes ne dépassant pas 20 élèves, ou être maintenu si le nombre d’élèves est égal ou inférieur à 23 apprenants, et d’alterner les sous-groupes pédagogiques. Il propose par ailleurs d’assurer un volume horaire suffisant avec la possibilité d’exploiter 6 jours par semaine pour les cycles moyen et secondaire, d’adapter les contenus des programmes des matières d’enseignement en se concentrant sur les apprentissages fondamentaux de chaque discipline en fonction du volume horaire réservé. n