Trois réunions, qui vont peut-être sceller l’avenir des pays producteurs de pétrole Opep et non-Opep, vont se dérouler dans les deux jours à venir. La mythique Vienne, de toutes les décisions importantes de l’Organisation des pays producteurs de pétrole et de ceux qu’il faut appeler dorénavant ses partenaires, aura le privilège d’accueillir aujord’hui et mardi le gratin des pays producteurs de l’énergie fossile.

Encore une fois, les décisions prises lors de ces réunions auront un impact immédiat sur la ronde des prix qui caractérisent le baril de pétrole depuis les crises conjoncturelles économiques et politiques mondiales. L’unique thème des rencontres sera exclusivement consacré à la prolongation ou pas de l’accord de limitation de la production pétrolière.
La première réunion, aujourd’hui, sera organisée par le Comité de suivi ministériel conjoint Opep et non Opep (JMMC) et sera de suite suivie par la 176e conférence de l’Opep. Un prélude à la réunion ministérielle Opep-non Opep, où l’avenir de plusieurs pays, et non des moindres, sera engagé. Les rencontres devront permettre de remettre sur des rails de prolongations de l’accord d’Alger qui a fait sortir le prix du baril de sa torpeur pour le porter à des seuils de 66 dollars et plus depuis plus d’une année. L’entente russo-saoudienne, scellée sans doute avant les joutes d’aujourd’hui et de demain, pèsera de tout son poids pour reconduire l’accord de limitation de la production, un accord combattu par le désormais premier producteur au monde de pétrole, les Etats-Unis.
« Nous nous sommes mis d’accord. Nous allons prolonger cet accord, la Russie comme l’Arabie Saoudite… Il est possible que ce soit jusqu’à neuf mois », dixit Vladimir Poutine, en marge du sommet du G20. Le Président russe s’est engagé personnellement pour le suivi des prix du pétrole depuis l’entente de la réduction de la production. Le ministre saoudien du Pétrole ira dans le même sens que Poutine, en déclarant sa « préférence » pour une période de reconduction de la réduction de la production de « neuf mois ». La Russie et l’Arabie Saoudite faisant l’effet d’annonce, nul doute qu’il sera suivi aux réunions de ce lundi et mardi car produisant à eux deux plus d’un cinquième de la production mondiale de pétrole. De l’autre côté, et malgré son envie de peser sur les prix du pétrole, le Président américain n’arrive pas à la tendance baissière voulue, malgré les bruits de bottes dans le détroit d’Ormuz et… les tweets provocateurs. La multiplication américaine de sa production n’est pas arrivée non plus à juguler l’effet de la hausse du baril de pétrole. Mohamed Arkab, de son côté, n’est pas en reste, puisqu’il s’emploie aussi à préserver les acquis de l’Opep et de ses partenaires depuis « la rébellion » des pays producteurs face à la crise de l’énergie. « La continuité » est le maître-mot du ministre algérien, cherchant à préserver l’équilibre dans les marchés pétroliers dans le cadre des efforts entrepris, depuis 2016, par l’Opep et non-Opep.
Il faut rappeler qu’en décembre dernier, l’Opep et Russie avaient décidé d’un commun accord de faire baisser leur production de 1,2 million de barils par jour. Cette réunion de l’Opep intervient à un moment de vives tensions entre l’Iran et le Venezuela, d’une part, et l’administration Trump de l’autre, en plus de distensions en Irak et en Libye, surtout, qui ont conduit à une affectation non conjoncturelle des prix de l’or noir. Un or noir qui a donné des signes de vigueur à la veille des trois réunions de l’Opep et de ses satellites, clôturant à 66,55 dollars pour le brent mer du Nord à Londres, et 58,47 pour le WTI à New York.