Après avoir atteint, mardi, leurs plus bas niveaux depuis le mois de mars dernier, les cours du pétrole ont entamé une légère remontée mercredi, qui s’est poursuivie jusqu’à hier, jour de clôture du marché. Une journée marqué par une bonne prestation du baril de Brent de la mer du Nord qui gagnait jusqu’à 1,41 dollar dans l’après-midi par rapport à la clôture de jeudi pour s’afficher à 68,03 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

De son côté, le baril de «light sweet crude» pour le contrat de décembre prenait 1,20 dollar à 57,66 dollars une heure après l’ouverture du New York Mercantile Exchange (Nymex). Toutefois le rebondissement des cours observé lors des trois dernières séances s’avère limité dans sa portée dans un marché qui reste en baisse sur la semaine. Un marché d’ailleurs toujours inquiet de l’abondance de l’offre illustrée par la hausse des stocks de brut américain, celles-ci ayant augmenté de trois fois plus qu’attendu, ont commenté les analystes de Commerzbank.
Lors de la semaine achevée le 9 novembre, les réserves commerciales de brut aux États-Unis ont bondi de 10,3 millions de barils pour s’établir à 442,1 millions, alors que les analystes interrogés par l’agence Bloomberg anticipaient une hausse de 3,2 millions de barils.
A l’origine de cette forte hausse des réserves, la production record des Etats-Unis, soit une moyenne quotidienne de 11,7 millions de barils d’or noir extraite, au moment où le marché s’inquiète justement d’une offre surabondante sur le marché international, sachant que les sanctions de Washington contre les exportations de pétrole iranien n’ont pas été appliquées jusqu’au bout et ont laissé la porte ouverte à certains pays pour continuer à s’approvisionner chez l’Iran. A ce facteur s’ajoute l’offre en provenance d’autres pays, dont l’Arabie saoudite, qui avaient décidé de pomper plus pour pallier le manque du pétrole iranien. Selon estimé Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, « les États-Unis vont probablement finir l’année avec une production réelle plus élevée que les capacités de production de l’Arabie saoudite, qui n’ont jamais été testées, puisque le Royaume ménage ses extractions pour garder des prix élevés »
Pour rappel, l’Organisation des pays explorateurs de pétrole n’a pas hésité d’afficher ses inquiétudes nées de la dégringolade des prix du brut ces dernières semaines.
L’Opep ne dissimule pas non plus son intention de revoir à la baisse sa production pour l’année 2019, alors que son chef de file, l’Arabie saoudite, a déjà annoncé la semaine dernière qu’elle produirait 500 000 de barils/jour en moins le mois de décembre prochain.