Poussé par la tension au Moyen-Orient et le risque d’un conflit dans cette région, qui viendrait perturber le marché, le pétrole montait encore hierdans le sillage du rebond opéré la veille.

Hier, en fin de séances européennes,  le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a atteint 70,67 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 2,02 dollars par rapport à la clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), pour le contrat de mai s’affichait à 65,20 dollars après avoir pris 1,78 dollar. La séance d’hier devait rester « focalisée sur les thématiques géopolitiques », a expliqué Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, considérant que  les cours du pétrole, après avoir baissé la semaine dernière avec le risque d’une « guerre commerciale», montent désormais avec les craintes d’une « guerre des missiles».
Ces peurs sont nourries par les réactions du président américain à l’égard de la situation en Syrie. «C’était atroce », « horrible », a lancé Donald Trump à la Maison-Blanche au sujet de l’attaque présumée de samedi aux « gaz toxiques » contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas.
« Nous y répondrons avec force », a ajouté plus tard le président américain, promettant une décision lundi soir « ou très bientôt ». Son ministre de la Défense Jim Mattis n’a pas exclu des frappes contre le régime syrien.
« Des frappes aériennes américaines et françaises sur la Syrie ne concerneraient pas le marché du pétrole en tant que tel, mais la Russie a prévenu qu’elle pourrait répliquer militairement », a noté Olivier Jakob, qui estime que cela pourrait éventuellement donner lieu à des sanctions américaines sur le pétrole russe. «Nous estimons qu’il y a très peu de chance que des sanctions sur le pétrole russe soient mises en place, et estimons la hausse récente des prix comme excessive», ont cependant jugé les analystes de Commerzbank.
Les  marchés surveilleront la publication au fil de la semaine des rapports mensuels des grandes agences de l’Energie.
L’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) publiera le sien en cours de séance, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) partagera le sien jeudi alors que l’Agence internationale de l’Energie (AIE) fera de même vendredi.