En progression vendredi en début de séance, le pétrole a perdu une partie de ses gains peu après que l’Opep a légèrement revu à la baisse l’estimation de la croissance de la demande mondiale en 2019, tout en maintenant sa projection inchangée pour 2020. Le prix du panier de référence de pétrole brut de l’Opep (ORB) s’est ainsi établi à 58,87 dollars le baril, contre 59,99 dollars mercredi, a indiqué l’Organisation pétrolière sur son site Web. Jeudi dernier, les prix de l’or noir ont terminé en baisse en raison des inquiétudes sur l’économie mondiale et de la hausse des stocks américains de brut. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre s’était établi à 58,23 dollars à Londres, en baisse de 2,15% par rapport à la clôture de la journée de mercredi. A New York, le baril américain de WTI pour livraison en septembre a terminé à 54,47 dollars, 1,4% de moins que la veille. Des chiffres publiés mercredi montrent un ralentissement en juillet de la production industrielle chinoise, un phénomène qui pèse sur la demande de pétrole, selon des analystes. « Depuis près d’un mois, le marché est secoué par des craintes sur la demande, le principal facteur étant les tarifs douaniers américains sur les produits chinois », a expliqué, selon des sites spécialisés, l’analyste Stewart Glickman, de CFRA. La guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine fait également redouter à de nombreux observateurs un ralentissement de l’économie mondiale.
« Si les Etats-Unis ou l’Europe entrent en récession, ça ne sera pas une bonne nouvelle, mais ça ne pèsera pas tant que ça sur la demande en pétrole. En revanche, si la Chine (premier importateur d’or noir, ndlr) connaît un fort ralentissement, ça sera vraiment problématique », a indiqué M. Glickman.
Les stocks de brut aux Etats-Unis ont, par ailleurs, augmenté de 1,6 million de barils lors de la semaine achevée le 9 août, selon les chiffres de l’EIA. Cette hausse implique une offre plus abondante d’or noir, de nature à faire baisser les cours.
Selon le rapport mensuel de l’Opep publié avant-hier vendredi, la production de pétrole des pays de l’Organisation a de nouveau baissé en juillet, en raison notamment d’un net ralentissement en Arabie saoudite, qui a ainsi vu sa production reculer de 134 000 barils par jour entre juin et juillet, pour s’établir à 9,698 millions de barils par jour.
Parmi les autres membres de l’Opep, la production a poursuivi sa baisse en Iran (-47 000 b/j), touché par le rétablissement de lourdes sanctions économiques depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien, elle a en revanche progressé en Irak (+32 000 b/j) et en Algérie (+22 000b/j). Au total, la production d’or noir de l’Opep a baissé de 246 000 b/j en un mois pour s’établir à 29,609 millions b/j. Début juillet, l’Opep et ses dix partenaires ont décidé de prolonger leur accord de réduction de la production pour une durée de 9 mois à partir du 1er juillet tout en adoptant une charte de coopération. L’Organisation avait convenu, en décembre 2018, avec dix pays producteurs non-Opep, la Russie à leur tête, d’une baisse conjointe de leur production de 1,2 million de barils/jour à partir du 1er janvier 2019, pour une période de six mois, avec une réduction de
800 000 barils/jour par l’Opep et de 400 000 barils/jour pour les pays producteurs partenaires. Une nouvelle réunion du Comité de suivi ministériel conjoint Opep et non-Opep (JMMC) est attendue en septembre prochain à Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Ce Comité est composé de l’Arabie saoudite, la Russie, l’Algérie, les Emirats arabes unis, l’Iraq, le Kazakhstan, le Koweït, le Nigeria et le Venezuela.