Malgré un léger recul de quelques cents des prix de l’or noir à la clôture des marchés, hier, stabilisés à 55 dollars, l’«option» suggérée par l’Opep d’accentuer la baisse de la production de ses membres pourrait se voir concrétiser avec son intention de prolonger l’accord sur la réduction de l’offre mondiale de pétrole.

Selon des sources internes de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole citées par Reuters, l’organisation envisagerait de prolonger son accord de réduction de la production avec les pays producteurs non-membres, voire mettre en œuvre des baisses plus importantes à partir du mois de juillet si les stocks de brut ne parviennent pas à descendre au niveau ciblé. L’Opep pourrait compter sur le poids de la Russie pour ce faire, d’autant que pour que les stocks mondiaux de brut diminuent d’environ 300 millions de barils et retrouvent leur niveau moyen sur les cinq dernières années, les pays producteurs doivent respecter à 100% leurs engagements de réduction de leur production et la croissance de la demande doit demeurer soutenue, ont expliqué ces sources. A ce stade, du moins jusqu’à janvier dernier, le respect des quotas de réduction dévolus à chacun des pays engagés dans cet accord atteint les 90%, pour reprendre l’estimation l’Agence internationale de l’énergie, qui défend l’intérêt des consommateurs, anticipant même une hausse de la demande mondiale de pétrole en 2017, ce qui devrait contribuer à résorber l’offre excédentaire. Conséquence immédiate, le Brent a frémi et est reparti à la hausse. Il faudrait encore attendre la prochaine réunion de l’Opep sur sa politique de l’offre qui aura lieu le 25 mai à laquelle sont invités des pays non-membres. «Si tout le monde tient ses engagements complètement, les stocks baisseront. A un moment, au milieu de l’année, ils pourraient s’approcher de la moyenne sur cinq ans», a dit l’une des sources. «La question est de savoir de combien ils vont baisser. Pour cela, il n’y a qu’à attendre, et voir». Mais du fait des délais nécessaires à l’obtention de données fiables sur le niveau des stocks, il est peu probable que l’ampleur de la réduction soit connue avec précision lors de cette même réunion. Les stocks mondiaux de brut étaient repassés en dessous de la barre des trois milliards de barils à la fin décembre mais ils demeuraient alors supérieurs de 286 millions de barils à leur niveau moyen sur cinq ans. Sur ces 286 millions de barils, environ la moitié correspondait à du pétrole brut et à du gaz naturel liquéfié (GNL) et l’autre moitié à des produits dérivés du pétrole. «En tant que producteur de pétrole, il faut d’abord réduire le brut. Les produits dérivés baisseront ensuite», a dit une troisième source interne à l’Opep. Toutefois, en dépit du respect de l’accord de limitation trouvé en fin d’année dernière par l’Opep et ses partenaires, l’offre reste surabondante du fait en particulier d’une hausse de la production américaine, notamment de pétrole de schiste, car les producteurs de ce type d’or noir coûteux à extraire profitent de la récente hausse des cours pour relancer certaines opérations. Et la publication mercredi d’une nouvelle hausse considérable des réserves de brut aux Etats-Unis a jeté le doute sur le fait que les limites mises en place par l’Opep engendrent le moindre resserrement de l’offre. Hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 55,23 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 42 cents par rapport à la clôture de jeudi tandis que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour le contrat de mars perdait 30 cents à 53,06 dollars. Les cours souffraient par ailleurs d’un léger renforcement du dollar, un mouvement de nature à rendre plus onéreux et donc moins attractifs les achats de brut, libellés dans la devise américaine, pour les investisseurs munis d’autres devises.